‹ Théatre. Avec une introdChapitre 234 sur 342 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

MORINVILLE, de même.

Eh bien, mon frère.

FLORANGEAG, de môme.

Cette femme-là ne nous aime pas beaucoup.

(Us s'asseyent tous.) MORINVILLE, de mémo.

Nous Tapaiserons. (Haut.) Écoutons le testament.

FLORIDOR

Avant de procéder à la lecture, je crois devoir vous rappeler le caractère du testateur; il était vindicatif.

FLORANGEAG.

Eh quoi ! ce testament serait-il un " monument de vengeance ?

MORINVILLE.

De ceux que nous autres gens de métier nommons ah irato'^

FLORIDOR

Pas tout à fait; mais il se pourrait que vous le trouvassiez un peu bizarre. Monsieur Morinville, vous qui êtes fort instruit dans la pratique, connaissez-vous votre théâtre ?

MORINVILLE.

Mais un peu, je m'en flatte.

FLORIDOR

Connaissez-vous une comédie intitulée les Trois Jumeaux vénitiens.

MORINVILLE.

Les Trois Jumeaux vénitiens^ Je Tai vue autrefois.

MADAME FLORIDOR

Ah! comme mon pauvre Floridor jouait Arlequin dans cette pièce-là !

FLORANGEAG, à part.

Arlequin !

SI6 lE VIKUX COMEDIKN.

MORINTILLB, à part.

Mon cousin, FÂrlequin !

MADAMB FLORIDOR.

Oui, liic^.^iciu.^, il y rappelait Carlin.

MORINVILLB.

Mais qu^ont de commun, je vous prie, ces Trou Jumeaux vénitiens?....

FLORIDOR

C'est qu'il est question dans cette pièce d'un testament, et d'une petite condition impos(^e par le testateur à ses légataires.

MORINTILLB.

Une condition 1 laquelle ?

FLORIDOR

De porter toute leur vie un habit vert galonné en or.

MORINVILLB.

I^ vert galonné en or ne convient guère à un avocat.

KLORANGBAC.

Ni à un médecin.

MORINVILLB.

Cependant, on peut se ré«îoudre....

PLORANGBAC.

Pour prouver jusqu'à quel point le souvenir de notre parent nous est cher....

MORINVILLB.

Et s'il était possible que cette condescendance de notre part nous réconciliât avec notre chère cousine....

FLORIDOR

I^ condition de l'habit vert n'est pas tout à fait la même que celle du présent testament, mais elle en

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