ACTE I, SCENE IX. 3o-i
j'ai attenda jusqu'à aujourd'hui, parce que j'avais à toucher dans votre maison un billet signé BourdeuiL
MADAME BOURDEUIL.
Bourdeuil !
MADAME HIPPOLYTE
Oui, madame, je suis emménagée depuis peu de jours seulement rue Chantereine, et le premier jour que j'ai mis le pied dans ma nouvelle demeure, j'ai été assez heureuse pour vendre une parure charmante aune trèsjolie dame que je ne connais pas encore, et qui m'a donné en payement un bon de ce M. Bourdeuil.
MADAME BOURDEUIL, à part.
Un bonde mon mari! une très-jolie dame I Ah! mon Dieu !
MADAME HIPPOLYTE
Ce nom-là ne vous est sans doute pas inconnu, mesdames ?
MADAME DORS AI, à part.
Que va-t-elle dire ? ([lam avec intention.) Oui, effectivement nous le connaissons.
MADAME BOURDEUIL, bas à madame Dorsai.
Taisez-vous donc, ma chère amie : laissez-la parler. (Haut.) C'est-à-dire que nous ne le connaissons que trèsindirectement.... comme on se connaît à Paris entre voisins.... Et vous, madame, est-ce que vous le connaissez ?
MADAME HIPPOLYTE
Oh! de vue seulement.
MADAME BOURDEUIL.
Et c'est sans doute chez cette jeune dame que vous l'avez rencontré ?
MADAME HIPPOLYTE
Non, madame, non; je mentirais si je disai'. que je
3a6 LES DEUX MENAGES.
Tai vu chez elle. D'abord, ce serait^ que je ne le dirais pas, car je suis très-<liscrèle, et je iraime pas les propos ; mais seulement je l'ai aperçu deux fois sous la porte cochère en embuscade, avant l'air «le puetler queli|u'uii et de s'impatienter; il iwnussait même avoir beaucoup d'humeur, comme un jaloux cnliu. La première fois, je n'ai jxis fait une grande attention à ce monsieur; l.i seconde, cela m'a |)aru un peu suspect. Jusque-là c< n'était encore que des conjectures, et je n'y ai altach. aucune importance; mais quel a été mon étonnemeut, lorsque tout à l'heure jo suis venue toucher ce bon à la caisse et que j*ai reconnu mon jalyux.
.MAl).\Mt{ BuiRimn Grand Dieu! qu'entends je ?
MADAMR DORSAL
Vous nous donnez-là, madame, des détails que nous n'avons pas besoin de savoir; encore une fois, nous ii< voulons rien achet^T.
MADAVIK li(JLUUKLlL, i.,..j.m.,, ,.,.,.... i..
El vous dites donc que vous avez reconnu ce monsieur à la caisse ?
MADAMB DORSAL
Kh; qu importe que madame l'ait reconnu ou non. Cela ne nous regarde pas. Je vous le rép«*lo, madamt , nous n'avons besoin de rien ; veuillez nous laisser.
MADAMR HIPPOLVTK.
Pardon, mesdames, de vous avoir déranp'es ; lorsque vous aurez besoin de quelque chose, ayez la bonté (h' vous adresser à moi : madame Ilippolyte, rue Chan tereine. J'achète, comme je vends, et me content' d'un bénéfice honnête.... Votre très-humble servant» mesdames.