SCÈNE X
MADAME DORSAI, MADAME BOURDEUIL.
MADxVME BOURDEUIL.
Eh bien, ma chère amie ?
MADAME DORSAI.
Eh bien, ma chère ?
MADAME BOURDEUIL.
Quand je VOUS disais tout à l'heure que les femmes ne devaient jamais se fier à leurs maris, avais-je tort ?
MADAME DORSAI.
Un moment; jusqu'à présent, ce n'est encore que le bavardage d'une revendeuse à la toilette, et je ne vois que des apparences très-légères.
MADAME BOURDEUIL.
Ah ! vous appelez cela des apparences ! Expliquezmoi donc comment il se fait que cette dame de la rue Chantereine achète une garniture et la paye avec un bon signé de M. Bourdeuil.
Rien de plus simple et de plus naturel : M. Bourdeuil, qui a seul la signature dans notre maison de commerce, a émis beaucoup de bons sur la place; ces billets, en passant de main en main, ont dû entrer dans beaucoup de fortunes particulières, et il n'est pas surprenant qu'une dame paye ce qu'elle achète avec un bon signé de votre mari: vous n'avez donc pas plus de raison de soupçonner M. Bourdeuil. que je n'en aurais de soupçonner Dorsai.
MADAME BOURDEUIL.
Mais ce n'est pas Dorsai qu'on a reconnu à la caisse,
;J.j8 les deux MENAGES.
c'est Bourdeuil; ce n'est pas votre mari qu'on a vu deux fois en embuscade sous une porte coclière, guettant quelqu'un et s'impatienlant comme un jaloux. Ce sont les propres expressions de madame Ilippolytc, et ces femmes-là, qui sont habituées aux intrigues, se trompent raremen l . . . .
lADAMB DORSA!
Allons, allons, roimez-vous, ma rinrr jnnie ; tout s'éclaircira, et vous verrez que vous serez la première à rire de vos soupçons et de vos inquiétudes. Surtout ne parlez de rien àpersonn»': i uluz que M. Bourdtuil ne se doute nullement...
w \i>AM»: i'.niin»i;rii..
Ohl je suis trop adroite et trop intéressée à cacher ce que je sîus déjà, pour en apprendre davantage; de votre côté, n'en parlez pas non plus à M. Dorsai, et si Bourdeuil est coupable, je vous promets qu'avant deux jours je le confondrai de manière à ne lui laisser rien à répondre. Le traître ! j'en pleurei'ais presque de dépit.
MADAMB DOR>
Cette pauvre madame Bourdeuil, elle me fait vraiment de la peine.