‹ Théatre. Avec une introdChapitre 54 sur 342 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

LOUISE, ROSE, EHNEST.

ERNEST

Un seul mot, mademoiselle.

LOUISB.

Que me voulez- vous, monsieur? Je vous. le rt'pèl< . ce n'est qu'en présence de ma mère ou de ma tante (juc ie peux vous entendre.

RRNRST.

Non, mademoiselle ; c'est à vous, à vous seule (pie je veux parler. Si vous saviez ce que j'ai souffert depuis l'indiscret aveu qui m'est échappé hier. Non, je ne verrai pas madame votre tante, je ne vous verrai plus, et je ne me suis hasardé à me présenter dans cette maison que pour vous dire un éternel adieu. Gardez-vous de croire queje démente les sentiments que j'ai osé vous avouer hier; mais je sais quelle grande fortune vous atteii<l. Jusqu'ici j'étais loin de me plaindre de mon sort : javais trop peu d'ambition pour ne pas me croire assez riche.

ROSE

C'est-à-dire que monsieur se reconnaît trop peu fortuné pour prétendre à la main de mademoiselle. Et pourquoi donc vous déclarer hier? Pourquoi venir aujourd'hui?

ERNEST

Et sais -je ce que je fais, ce que je veux? Hier, je voulais me taire, et j'ai parlé; ce matin, je voulais prendre congé de mes parents, partir sans vous revoir... Mais il est une volonté qu'au moins je saurai accomplir, c'est celle de ne plus troubler votre repos, de m'arracher des lieux où j'ai eu le bonheur de vous voir. Dès demain, j'aurai quitté Paris.

ROSE

Ce sera très -bien fait. Nous avons fait une belle étourderie : il faut la réparer. Monsieur, nous sommes vos très-humbles servantes.

ERNEST

Adieu, mademoiselle; plaignez-moi....

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