ACTE III, SCÈNE Yill
MADAME SINCLAIR
Il est là ? Eh bien, qu'il vienne.
DORIGNY
Qu'il vienne! Eh quoi ! quand votre famille est rassemblée !... Mais il y a de la cruauté.
MADAME SINCLAIR
Oh oui I je suis bien méchante. Rose, tais entrer.
ROSE
Entrez, entrez, monsieur.
LOUISE
Ah ! mon Dieu !
ERNEST, entrant.
Madame, j'ai rhonneur....O ciel ! Louise et tous ses parents !
Bonjour, bonjour, monsieur.
MADAME SAINT-LAURENT
Qu'est-ce que c'est que ce jeune homme?
MADAME SINCLAIR
M. Ernest, fils de M. Dorigny.
SAINT-LAURENT
Ah ! monsieur est fils de monsieur ?
MADAME SINCLAIR
Un jeune homme fort intéressant, rempli de talents, un peintre.
BARDOLIN,
Ah ! monsieur est peintre?
ANATOLE, à son père.
Regardez-donc comme U rougit et comme il pâlit : il a l'air malade.
MADAME SINCLAIR
Je suis bien fâchée de n'avoir pu me rendre hier à la promenade où j'ai eu plusieurs fois le plaisir de vous rencontrer ; mais vous y avez vu ma petite-nièce.
MADAME SAINT-LAURENT
Ma fille connaît monsieur ?
Et moi aussi je le connais.
BARDOLIN.
Eh mais , ma chère lanle, (}u'osl-ce que cela veut dire?
MADAMK SINCI.AIII.
Vous allez le savoir. Mes chers parents, vous m'avez déclaré que vous regardiez mon consentement comme nécessaire au mariage de ma petite-nièce. J'ai de la répugnance à prendre sur vous une pareille autorité ; mais voulez-vous suivre mes conseils? La franche amitié que Louise porte à son cousin suffirait pour qu'ils fussent heureux en ménage si son cœur était libre, mais s'il se trouvait qu'elle eût un commencement d'amour pour un autre....
ATATOLE.
Pour un autre, ma cousine !
MADAME SINCLAIR
Laissez-moi parler. Que mon petit-neveu se conduise bien ; et, quand il se mariera, je le dédommagerai du chagrin que je lui cause aujourd'hui. Car je vous engage à ne pas lui donner Louise; et je crois que le caractère, l'esprit et les talents du jeune homme qu'elle préière doivent vous convenir comme à moi.
ANATOLE
Ah ! comme c'est traître 1