ACTE III, SCÈNE VIll. 12o
MADAME SAINT-LAURENT
Et quel est donc ce jeune homme?
BARDOLIN, montrant Ernest.
Eli vraiment ! c'est monsieur.
MADAME SINCLAIR
Vous l'avez dit.
MADAME SAINT-LAURENT
Monsieur !
ERNEST
Moi!
LOUISE
Lui!
MADAME SINCLAIR
Oui, lui. Son père est mon vieil ami : et vous me ferez plaisir si vous le mariez à ma petite-nièce.
BARDOLIN, à part.
Ah! que j'ai bien fait d'exiger un dédit!
ANATOLE
Si je m'en croyais, je me battrais contre lui.
MADAME SAINT-LAURRNT, à madame Sinclair.
Eh quoi ! ma tante, un peintre !
MADAME SINCLAIR
Oh I les arts, c'est le charme de la vie.
MADAME SAINT-LAURENT, à madame Sinclair.
Sans fortune, sans réputation.
Il s'en fera une.
MADAME SAINT-LAURENT, à madame Sinclair.
D'artiste. En vérité, y a-t-il comparaison entre les deux partis? (a Emest et à DorignyJ Pardou, messieurs...
MADâMB SINCLAIR.
Ainsi, vous refusez?
MADAMB SAINT-LAURBNT.
Je ne dis pas cela.
BARDOLIN.
Vous consentez?
MADAME SAINT-LAURBNT.
Non pas.
MADAMB SINCLAIR.
Que dites-vous donc ?
MADAMB SAINT-LAURBNT.
Je dis, ma tante, que c'est une proposition ai brusque.... Nous permettrez -vous de réfléchir, de consulter... ?
MADAME SINCLAIR
C'est ce que j'allais moi-même vous proposer. Réfléchissez, délibérez. Monsieur Dorigny, auriez-vous Tesprit assez libre pour venir conférer avec moi sur les papiers que vous avez bien voulu examiner?.
DORIGNY
Oui, oui, madame, je ne m' éblouis pas... (a BarJoiin,
gainULaurenl, Anatole ol madame Sain'.-Laïucnt.) MeSSieurS et m -
dame, je ne m'attendais pas.... Mon fils et moi, nous ne pensions pas...
MADAME SINCLAIR
Eh! oui, ils le savent tous. M. Dorigny est un honnête homme qui a déjà donné plus d'un gage de sa délicatesse et de son désintéressement. Mon jeune ami, allez prévenir votre mère de mes bonnes dispositions pour vous.
ERNEST
J'y cours. Ahl madame, monsieur, mademoiselle puis -je espérer?... Ma pauvre mère, quelle sera sa