‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 125 sur 194 · ACTE I, SCÈNE IV 2if · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV 2if

Autre grief encore :

Dcrville fait un geste d'impatience.

Après le mariage, J'ai remarqué qu'il est des hommes dont la rage Est de nous raconter leurs exploits amoureux, Leurs fredaines enfin; eh bien! tu fais comme eux, Adolphe, à tout propos tu lui cites les tiennes; C'est un grand tort!

Qui, moi? je parle... des anciennes.

MADAME DERVILLE

Qu'importe! son amour en doit être blessé;

Un cœur tendre, mon fils, est jaloux du passé.

La froideur, qu'à présent tu montres pour ta femme,

Je te l'ai déjà dit, me blesse au fond de l'àme.

Tiens, mon ami, ton père en usait beaucoup mieux.

11 faisait ce qu'ont fait autrefois nos aïeux :

Son cœur était à moi, ma chambre était la sienne.

Et c'est le bon parti, mon fils, qu'il t'en souvienne.

Oui, s'il faut là-dessus m'exprimer franchement,

Ta conduite, vois-tu, ne me plaît nullement.

DERVILLE

Vous êtes dans l'erreur, j'aime beaucoup Adèle, En toute occasion j'ai mille égards pour elle.

MADAME DERVILLE

Des égards! en effet, quand tu sors le matin, On te voit fort exact à lui baiser la main. Quand tu rentres le soir, personne ne l'ignore, Tu viens exactement la lui baiser encore. Voilà de petits soins bien délicats, bien doux! Quoi qu'il on soit, je suis mécontente de vous,

Page 1