‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 156 sur 194 · ACTE MI, SCtNE II · texte numérisé non relu

ACTE MI, SCtNE II

CHARLES, à DcrviUc.

J'admire ton discours!

Cependant, à quoi bon tout ce brillant langage? Je n'ai jamais été contraire au mariage; Mais cncor faut-il bien que l'on ait fait un choix.

ADÈLE, vivoiicnt.

Nous l'avons fait pour vous, mon cousin, et je crois Que vous accepterez une telle alliance.

CHARLES

Q uel est donc ce parti, Madame?

C'est Hermance.

Moinviiiciit ncgatif de Charles.

ADÈLE

Quoi! vous refuseriez! Charles, vous avez tort.

DERVIL LE.

Je t'assure, mon cher, qu'elle te convient fort.

ADÈLE

Si vous la connaissiez, c'est bien la plus belle âme...

DERVILLE

Moi, je suis tout-à-fait de l'avis de ma femme. Épouse-la, crois-moi; son physique est fort bien; Quant au moral, elle a cent mille écus de bien.

CHARLES

Je l'estime beaucoup, elle est jeune, elle est belle. Et, sous tous les rapports, je suis indigne d'elle; Pourtant, je l'avoùrai, ses charmes jusqu'ici N'ont pas touché mon cucur.

DERVi LLE, à sa fciiiuic.

Que veux-tu faire aussi D'un être comme lui? Ton cousin te ressemble, 11 est d'une froideur!... vous êtes bien ensemble.

A Charles.

Mais laissons là l'hymen. Si je t'en ai parlé, C'est ma femme, vois-tu, qui me l'a conseillé;

Adèle fait lin geste de confusion.

Car je ne suis pas fort, moi, pour le mariage. Reste garçon, mon cher; c'est un parti fort sage.

Bas à Charles.

Tiens, je regretterai toujours le célibat; On est son maître au moins, c'est un très-bel état.

Haut.

Mais pourquoi s'occuper de vétille pareille? J'ai là des ouvriers qu'il faut que je surveille; J'y vais. Vous trouverai-je encore à mon retour? Qu'allez-vous devenir jusqu'à la fin du jour?

ADÈLE

Charles, que faites-vous?

CHARLES

Je... crois... que je demeure.

ADÈLE, à part..

Il veut me parler.

Haut.

Moi, je vais passer une heure Chez madame Franval, qui m'attend à Passy.

CHARLES, vivement.

Ah! mon Dieu! je lui dois une visite aussi.

Page 1