ACTE III, SCÈNE IV 28f
Fini votre visite ?
CHARLES
Elle... n'était pas... là.
ADÈLE
Mais vous n'avez pas eu le temps d'aller chez elle?
CHARLES
Si fait, je...
ADÈLE
Vous sortez !
CHARLES
Eh bien! tenez, Adèle...
Vous saurez que je viens avec l'intention De réclamer de vous une explication.
Ti'inl revient.
Ma cousine, en quoi donc ai-je pu vous déplaire? Avec moi vous prenez un visage sévère.
Vous ne me parlez plus, vous semblez m'éviter! Cette rigueur, comment l'ai-je pu mériter? Quoique j'aie envers vous de bien grands torts peut-être, J'ai beau m'examiner, je ne puis les connaître. Pourtant, j'en dois avoir, car vous me punissez! Mais par mon repentir ils seront effacés; Parlez, veuillez m'apprendre en quoi je suis coupable. Mais ne prolongez pas un tourment qui m'accable.
ADÈLE, à part.
Voilà l'instant fatal; un peu de fermeté.
Haut.
Vous l'exigez, je vais dire la vérité.
Eh bien! Monsieur, en vous voici ce qui me blesse: Faut-il vous l'avouer? Vous m'obsédez sans cesse,
Il fait un vwuvouciit.
Oui, vous me fatiguez; depuis plus de deux mois, Du matin jusqu'au soir c'est vous seul que je vois. A toute heure, en tout lieu, que j'entre, que je sorte, C'est vous, c'est toujours vous qui me servez d'escorte; C'est qu'en dépit de moi, vous ne me quittez pas. Que vous êtes une ombre attachée à mes pas!... Tant d'importunité m'est pénible, me lasse; 11 est temps d'en finir; je vous demande grâce.
CHARLES
Qu'entends-Je! Est-ce bien vous qui me parlez ainsi? Vous, ma cousine! Vous!...
ADÈLE
Je viens de dire ici Ce... que je pense.
A part.
Ah! Dieu!
CHARLES
Je doute si je veille!...
Quel langage nouveau vient frapper mon oreille!... Adèle, y pensez-vous. Eh! quoi! mon amitié Vous devient importune! Avez-vous oublié Que sous le même toit nous avons pris naissance? Les mêmes lieux ont vu les jeux de notre enfance. Adèle, songez-y; des souvenirs si doux, Éloquens pour moi seul, sont-ils muets pour vous? Mon cœur n'est pas changé, vous m'êtes toujours chère; Mais moi, ne suis-jc plus votre ami, votre frère?