‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 167 sur 194 · ACTE, m SCÈNE X ^OI · texte numérisé non relu

ACTE, m SCÈNE X ^OI

Sans lui faire un aveu délicat et pénible,

Ce que vous proposez me paraît impossible;

11 viendrait me chercher, m'imposerait la loi

De revenir ici, malgré vous, malgré moi.

Souffrez donc que je reste; et croyez que personne...

ADÈLE

Non, Monsieur; le devoir, la raison, tout l'ordonne; 11 faut vous éloigner,

CHARLES

Madame, permettez; Suis-je digne en effet de tant de duretés? Si vous savez le nom de celle qui m'est chère. Le hasard vous l'apprit; moi, j'avais su me taire. Que pouvais-je de plus? J'ai fait ce que je doi; Vous n'avez pas sujet de vous plaindre de moi. De grâce, descendez dans le fond de votre âme : Le mal est fait, c'est moi qui le ressens, Madame; Et vous ne craignez pas qu'il soit contagieux. Oui, c'est moi, c'est moi seul qui serai malheureux. Rassurez-vous, je sais à quoi l'honneur m'oblige.

ADÈLE

Faut-il le répéter, je le veux, je l'exige,

CHARLES, avec jeu.

Ah! puisque vous poussez l'injustice à ce point.

Je suis chez mon ami, je n'en sortirai point.

Envers vous, envers lui, je ne suis pas coupable.

Mon cœur est pur enfin, ma vie inattaquable;

Ici, le front levé, je puis toujours venir;

J'y viendrai. De quel droit voulez-vous m'en bannir?

Pourquoi cette exigeance alticre, impérieuse?

•JOi LE MARI A BONNES FORTUNES

ADÈLE, avec douceur.

Charles, voudriez-vous me rendre malheureuse?

CHARLES

Qui? moi? grand Dieu! ce mot décide de mon sort Je ne résiste plus. C'est l'arrêt de ma mort, Mais, je vais obéir... Adieu. Soyez heureuse!

Adieu.

// sort.

SCÈ^E XI

ADELE, seule.

Combien son àme est noble et généreuse! Il va donc s'éloigner; ah! tant mieux! désormais Je pourrai retrouver et le calme et la paix.

SCÈ^E XII

DERVILLE, ADELE.

DERViLLE, dans la coulisse.

Demain, avant midi, que ma malle soit faite, Les chevaux commandés, et ma calèche prête; Que l'on n'y manque pas.

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