ACTE m, SCÈNE XII -JO
Je ne puis demeurer seule avec un jeune homme.
DERVl LLE.
Charle est-il un jeune homme? Eh! non, tu le sais bien,
ADÈLE
Mais qu'est-il donc ?
Il est... mathématicien.
Enfin... il me déplaît.
Quelle bizarrerie !
Jamais femme n'a pu souffrir la gaucherie. Est-ce sa faute, à lui? je conviens qu'en effet 11 ne met pas beaucoup de grâce à ce qu'il fait; Que son défaut d'usage est quelquefois unique. Mais il peut se former; et puis, cela s'explique; Quand ce jeune homme sort des bancs, de bonne foi. Exiges-tu qu'il soit aimable comme moi ? Cela ne se peut pas.
ADÈLE, à part.
Il ne veut pas m'entendre!
Ah! quel homme! tâchons de me faire comprendre.
ILmt.
Apprenez, puisqu'enfin vous voulez le savoir. Que, pour mille raisons, je ne puis plus le voir.
Peste! et ces raisons-là sont-elles invincibles? Dis-les moi.
■Jo6 LE MARI A BONNES FORTUNES
ADÈLE
Nos humeurs ne sont pas compatibles!
DERVI L LE.
Parbleu! voilà du neuf, et tu m'étonnes fort : Je vous ai toujours vus du plus parfait accord.
Monsieur, vous vous trompez on ne peut davantage; Il ne reviendra plus.
DERVILLE
C'est un enfantillage.
J'arrangerai cela, vous êtes de grands fous.
ADÈLE, tciidreiticiit.
De grâce, permettez que je parte avec vous.
DERVILLE
Cela ne se peut pas, je vous l'ai dit. Madame.
ADÈLE
Au nom du ciel. Monsieur, emmenez-moi.
DERVILLE
Ma femme.
Je vous répète encor que mon intention Est de voyager seul...
La considérant.
Quelle agitation !
J'ai peine à concevoir... Eh! bon Dieu! saurait-elle Que l'on m'attend aux eaux?
liant et avec douceur.
Sois raisonnable, Adèle;