ACTE I, SCÈNE VII
FLORINE
Je le crois, c'est que, vous, vous n'avez pas de nerfs.
Elle sort.
MADAME D U P R É
Excusez-moi, Duval, et toi, ma bonne Claire, Laure et moi, nous avons à parler d'une affaire, Et...
D u \' A L FILS.
Madame, en ce cas, nous allons vous quitter.
Ils sortent.
SCÈ^E Vil
LAURE, MADAME DUPRÉ
MADAME DUVKi., à Laitre.
C'est pour causer raison que je t'ai fait rester,
Avec importance et mystère.
Et nous allons tenir un conseil de famille.
LAURE, à part.
Que veut dire cela ?
MADAME DUPRÉ
Deux prétendants, ma fille, Se disputent ta main, depuis près de six mois; Et sûrement ton cœur a déjà fait un choix.
loo l'éducation ou les deux cousines
Écoute, en ce moment, il faut de la franchise; Laure, quel est celui dont ton âme est éprise?
Ma mère (à cet égard, je suis de bonne foi), J'ai peine à démêler ce qui se passe en moi. Vous savez le pouvoir des souvenirs d'enfance; Lorsque je vois Duval, et même en son absence, Je ne puis oublier, à parler sans détours, Que je l'aimai longtemps, et qu'il m'aime toujours. Oui, son image encor vient partout me distraire... Tenez, je le crois bien, c'est lui que je préfère.
MADAME D U P R É
Eh bien! ma fille, alors prends Duval pour époux.
LAURE, avec un soupir.
Je le voudrais!... mais quoi! ma mère, songez-vous
Ce que c'est qu'un marchand ? Vous concevez sans peine
Q uelle vie insipide il faudra que je mène.
Combattre, chaque jour, mes goûts et mes penchants,
M'éteindre, m'oublier, vivre avec des marchands,
Prendre pour horizon ma retraite profonde;
Voilà mon sorti... Il faut que je renonce au monde;
U faut, si je consens à lui donner ma main,
M'ensevelir vivante au fond d'un magasin!
Adieu les arts, adieu la harpe, les lectures!
Je passerai ma vie à régler des factures!
Peut-être je m'estime un peu trop, mais je croi
Que cet état, ma mère, est indigne de moi.
MADAME DUPRÉ,5e rciigorgcaut.
Monsieur de Rosambert va donc être mon gendre!