ACTE I I, SCÈNE II
Quand je suis, un moment, libre dans la semaine, Le chant ou le piano m'amuse.
L A u R E, Vuitcnompaiit.
Une heure ou deux; Mais tout un jour! cela devient fort ennuyeux... Si je savais du moins où passer mes soirées!...
CLAIRE
Eh bien, que ne vas-tu chez madame Desbrces ? Tu la connais.
LAU RE
Fi donc !
CLAIRE
Et pourquoi ?
LAU RE
Le peut-on ?
Cette maison, ma chère, est du plus mauvais ton! C'est pauvre !
CLAIRE
Alors va donc chez la jeune baronne.
LAU RE, aVi'C un soupir.
Je le voudrais !
CLAIRE
Qui peut t'en empêcher? Personne.
Pour fréquenter un cercle aussi brillant, hélas! U faut une toilette, un train que je n'ai pas.
CLAI RE.
.Mais ta mise...
LA U RE
Est trop simple et trop peu varice.
Je ne vais jamais là sans être humiliée! C'est trop riche!
CLAIRE, /(/ regardant avec ctouncriicut.
A la fois voilà bien des malheurs!
Ici, l'on est trop pauvre! on est trop riche ailleurs! Tu ne peux donc aller nulle part, mon amie? Vraiment, j'avais grand tort de te porter envie; Moi, je sais m'amuser en tous lieux, en tout temps! Ah! qu'on est malheureux d'avoir tant de talents!... Mais adieu, ma cousine; il faut que je te quitte, Car il est déjà tard.
LAU RE
Quoi! tu t'en vas si vite!
Causons encore un peu.
CLAIRE
Je voudrais le pouvoir!
Mais moi, j'ai ma besogne à faire pour ce soir. En outre, tu sais bien que, pendant son absence, Mon oncle me chargea de sa correspondance; Et je n'ai pas encor commencé mon courrier!
Claire, si tu t'en vas, je vais bien m'ennuyer! Reste un moment.
CLAIRE
J'aurais du plaisir à le faire, Mais je n'ai pas le temps de t'amuser, ma chère.
Elle sort.