ACTE I, SCÈNE II
ADÈLE
C'est qu'il est nécessaire De se lever ainsi pour vous parler d'affaire. Je ne vous vois jamais qu'une fois par hasard ; Vous sortez si matin, et vous rentrez si tard ! C'est pour cela qu'hier j'ai prié votre mère De me faire éveiller plus tôt qu'à l'ordinaire. J'ai cru par ce moyen...
DERVILLE
C'est bien aimable à toi, D'être venue ainsi me surprendre chez moi.
J'en suis ravi, d'honneur!
Allant s'asseoir.
Si tu veux bien permettre, Adèle, je joindrai quelques mots à ma lettre.
// écrit.
J'y traite d'un objet tout-à-fait important.
Assieds-toi donc, je suis à toi dans un instant...
Se levant et mettant la seconde lettre dans le pupitre.
Tu dis donc que tu viens pour me parler d'aflFaire?
ADÈLE
Oui, nous devons, Monsieur, aller chez le notaire : Vous savez qu'il attend au moins depuis deux mois. Si nous allions signer? déjà plus d'une fois Je vous en ai parlé; vous différez sans cesse. Et pourtant il s'agit d'une affaire qui presse. Peut-être l'on pourrait nous jouer quelque tour, Si nous tardions encor. Donnez-moi votre jour. Je vous en prie.
DERVILLE
Eh ! mais quand tu voudras, ma chère, Mon jour sera le tien. D'Auteuil chez mon notaire, Nous avons tout au plus une heure de chemin. Cest une bagatelle, allons-y ce matin.
Cela te convient-il ?
ADÈLE
Tout-à-fait, je vous jure.
DERVILLE
En allant t'habiller, demande la voiture.
ADÈLE
Il n*est pas tard, causons.
DERVILLE
Tu n*as pas trop de temps; Va faire ta toilette, et songe que j'attends.
ADÈLE
Eh bien! j*y vais; adieu, Derville.
DERVILLE
Adieu, ma bonne, // lui baise la main.
Adieu, ma chère amie.
Pendant qu'elle sort.
Excellente personne I Mais elle m'aime trop.