ACTE III, SCÈNE VII 29I
D E R V I L L E, faisant signe à sa femme de s* appivcher ,
Adèle; Toi, monsieur le boudeur, qu'as-tu donc aujourd'hui?
ADÈLE
Voulez-vous que Monsieur reste ici malgré lui ?
DERVILLE, Ja ramenant.
Oh ! ceci pour le coup devient trop fort. Écoute : Suis-je le maître ici, ma femme?
ADÈLE, avec douceur.
Mais sans doute.
DERVILLE
Mes amis, en ce cas, doivent être les tiens.
Charles, comme tu sais, est le meilleur des miens;
Il est de nos parens, je Testime, je l'aime;
Je veux qu'il soit par toi traite comme moi-même.
Entends-tu bien cela? s'il n'en est pas ainsi.
Je me fâche.
ADÈLE, intimidée.
Monsieur, vous serez obéi.
A part.
Cruel homme!
A la fin, c'est être raisonnable.
Pour toi, mon cher cousin, prends un air plus aimable; Il est temps de quitter ce visage chagrin.
Voyons, grand innocent, viens lui baiser la main. Pauvre garçon, voit-on une rougeur pareille?
Pendant que Charles haise la main d' Adèle.
Respectueusement... là... bien... c'est à merveille.
A sa femme.
En vous raccommodant, conviens que j'ai bien fait.
ADÈLE
Monsieur.
DERVILLE
A l'avenir, qui t'accompagnerait?
SCÈD^E VIII
ZOÉ, CHARLES, DERVILLE, MADAME DERVILLE mère, ADÈLE.
MADAME DERVILLE, d part dans le fond du théâtre.
Les voilà tous; il faut qu'à frapper je m'apprête :
Haut à Derville, Ma fille a déjà dû te souhaiter ta fête...
DERVILLE, se retournant , A propos !
MADAME DERVILLE
Je viens donc t'ofFrir seule, à mon tour, Un bien léger cadeau, gage de mon amour.
Elle V embrasse.
Tiens, cette broderie, Adolphe, est tout entière L'ouvrage de mes mains.
DERVILLE
Elle m'en est plus chère.