‹ Théatre (volume 3)Chapitre 178 sur 184 · DERVILLE, ADÈLE · texte numérisé non relu

DERVILLE, ADÈLE

Derville entre en continuant ses éclats de rire,

ADÈLE, à son mari.

Eh quoi! c'est vous, Monsieur?

DERVILLE, lui baisaut la main .

Adèle, te voilà.

// rit encore,

ADÈLE

Qu'avez -vous donc?

DERVILLE

Jamais je n'oublîrai cela.

Nouveaux rires, La drôle d'aventure! Elle va te surprendre.

Quoi donc?

DERVILLE

Si tu savais ce que je viens d'apprendre!...

ADÈLE

Enfin...

DERVILLE

Ton froid cousin, à qui nous reprochions De ne tenir à rien, de fuir les passions.

Eh bien! ma chère, il aime avec idolâtrie; L'amour a triomphé de la géométrie!...

Il est rempli d'un feu discret et sans espoir! Mais bien qu'il m'eût caché qu'il avait pour ce soir Un rendez-vous, auquel la nuit prêtait son voile, Je l'ai su!... Le hasard, ou plutôt mon étoile M'a conduit sur les lieux; j'ai pu voir tout de loin, Et vais te raconter ce dont je fus témoin.

ADÈLE, vivement.

Non, non, n'en faites rien si vous voulez m'en croire...

DERVILLE

Pourquoi ?

ADÈLE, timidement.

J'ai peu de goût pour ce genre d'histoire.

Quelle idée! allons donc, je veux absolument...

ADÈLE

Daignez me dispenser...

DERVILLE

Mais c'est que c'est charmant!

Mon récit te plaira, sois en sûre.

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