‹ Théatre (volume 3)Chapitre 180 sur 184 · ACTE V, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III

MADAME DERVILLE

Je VOUS retrouve donc.

A part.

Quel air joyeux il a !

Nous allons voir un peu si cela durera.

DERVILLE

Tu ne me parais pas disposée à me croire.

Je te ferai conter par Charles cette histoire.

MADAME DERVILLE

Non, ne Tespérez pas; Charles quitte Paris, Mon fils, et part, ce soir, pour les États-Unis.

DERVILLE

Franval veut l'emmener ? Mais c'est de la démence !

Rien n'est plus vrai pourtant; Charles quitte la France Avec l'ambassadeur, monsieur de Mayneval; C'est un fait que je tiens de madame Franval.

DERVILLE

Ah! ']y suis maintenant! je commence à comprendre; Ce départ-là n'a rien qui puisse me surprendre. C'est l'amour, j'en suis sûr, qui cause son malheur. Eh bien! moi, je le plains vraiment de tout mon coeur. Mais aussi, conçoit-on cette délicatesse.

D'aller s'expatrier parce que sa maîtresse A dit le oui fatal. Oh! le pauvre garçon!

Tout pouvait s'arranger si bien d'une autre façon ! Je reprends mon histoire.

ADÈLE

Épargnez-nous, de grâce,

De semblables détails. Avec vos amis, passe; Mais ici vous sentez...

DERVILLE

Je ne sens rien du tout; Vous entendrez, parbleu 1 mon récit jusqu'au bout.

ADÈLE, à part.

Quelle position!

DERVILLE

Permettez que je parle.

MADAME DERVILLE

De quoi s'agit-il donc ?

D'un rendez-vous de Charle, Auquel j'ai par hasard tout à l'heure assisté. Car, vous saurez qu'il aime une jeune beauté En tout bien, tout honneur, et vous allez voir comme! Vous n'imaginez pas la candeur du jeune homme! C'était à chaque instant, des soupirs, des hélas! Des contemplations qui ne finissaient pas.

Le malheureux, tout plein d'amour et d'innocence. Lui disait : Je vous aime... à dix pas de distance. Pourtant, lorsqu'elle était sur le point de venir. Je l'avais bien prêché, mais sans rien obtenir.

ADÈLE

Ah! finissez de grâce, ou bien je me retire; Ceci devient trop fort.

DERVILLE, impatienté.

Mais laisse-moi donc dire; Tu vas voir!

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