ACTE I, SCÈNE IX I
LAURE, à madame Dtipré.
Lasthénie a raison, j'approuve son langage.
La banque est de bon ton, et ce conseil est sage.
Tenez, si mon avis par vous est partagé,
Dès aujourd'hui, ma mère, il faut donner congé.
MADAME DUPRÉ
Dès aujourd'hui! pendant l'absence de ton père!... Cela ne se peut pas; vois-tu? c'est une affaire... Beaucoup trop conséquente, et vraiment je craindrais...
LAURE, à part.
Conséquente! ah! grand dieu!
S'approcinnt de sa mère.
Cela n'est pas français, Ma mère; dites-donc une affaire importante.
MADAME DUPRÉ, fâchée de s'être trompée .
Je n'y pense jamais!
MADAME d'orval, à part,
La mère est excellente ; On en rencontre peu de cette force-là.
MADAME DUPRÉ, À lawrr.
Attendons son retour; j'arrangerai cela.
MADAME d'orval, d La«r^.
A propos, dis-moi donc une chose, ma chère.
Ce que je viens d'apprendre aujourd'hui sur ton père,
Sur votre intérieur, me surprend à tel point!...
Mais, à la pension, on ne s'en doutait point.
Nous étions là-dessus dans une' erreur profonde.
io8 l'éducation ou les deux cousines
MADAME DU PRÉ, à madame d'Orval.
Vraiment?
MADAME d'oRVAL,
Je la croyais, moi, ce qu*est tout le monde.
Au surplus ce n'est pas ta faute; en résultat, Tu n'y peux rien changer. Sans doute cet état N'est pas très distingué, je dois le reconnaître. Mais enfin, que veux-tu? Tous ne peuvent pas l'être. Chacun ne peut avoir le même rang que moi; Il faut bien des marchands! Il est fâcheux pour toi Que le sort ait donné ce métier à ton père; Mais qu'y faire! Il faut bien te résigner, ma chère; De la philosophie, entends-tu, mon enfant.
Mais adieu.
LAURE
Tu t'en vas?
MADAME d'oRVAL.
La duchesse m'attend.
Et je suis en retard déjà d'une grande heure.
LAURE, la reconduisant,
Lasthénie, à présent que tu sais ma demeure, Aurai-je le plaisir de te revoir, dis-moi?
MADAME d'oRVAL.
Mais oui, je te promets de me fournir chez toi.
Elle sort, Fîorine la suit.