ACTE III, SCÈNE VIII l
F L o R I N E , d'un air p'igué.
Ah! fi, monsieur, quel ton!
Ma maîtresse! parlez un peu mieux, je vous prie, Et sachez que je suis dame de compagnie!
DUVAL PÈRE, riant aux éclats.
Dame de compagnie! ah! ah! le titre est beau!
MONSIEUR DUPRÉ
Mais oui, chez moi, ce titre est piquant et nouveau.
DUVAL PÈRE
Qui que tu sois, ou dame, ou suivante, il n'importe, Annonce-nous, ou bien que le diable t'emporte! Entends-tu, mon enfant?
FLORiNE, à part.
Q^ue cet homme est brutal!
Messieurs, vous n'êtes pas en toilette de bal : Vous ne pouvez entrer.
DUVAL ?ÈKEy à son ami.
Chez toi ! sur ma parole.
Elle rêve.
FLORINE
Avez-vous vos billets?
Elle est folle!
FLORINE
Pour juger si je puis vous introduire ou non. Du moins vous voudrez bien me dire votre nom ?
lîs se regardent.
164 l'éducation ou les deux cousines
MONSIEUR D[)?Kt, à Florine, Mon nom?
FLORINE
Mais oui, monsieur, que voulez-vous ?
MONSIEUR D\}VKt, gravement.
Madame, Je veux avoir l'honneur de parler... à ma femme... Madame Dupré.
FLORINE
Ciel!
MONSIEUR DUPRÉ
Je veux l'entretenir, Aussi-bien que ma fille; allez les prévenir.
FLORINE, poliment.
Oui, monsieur.
Elle sort.
SCÈS/^E IX MONSIEUR DUPRÉ, DUVAL père.
MONSIEUR DUPRÉ
Ça, mon cher, il faut de la prudence, Et ce n'est pas ton fort ! je te le dis d'avance, Je vais avoir ici des explications.
Si tu restes, j'y mets quelques conditions.