ACTE m, SCÈNE X
DUVAL PÈRE
Mon dieu, tu peux parler sans préface, je pense. Que faut-il ?
MONSIEUR DUPRÉ
T'en aller, ou garder le silence.
DUVAL PÈRE, étonné.
Comment?
MONSIEUR DUPRÉ
Je veux du calme, entends-tu? Je suis, moi, Partie intéressée, et j'en ai plus que toi.
DUVAL PÈRE
Eh! bien... soit.
MONSIEUR DUPRÉ
Ainsi donc, tu seras impassible ?
Je me tairai : je crois que la chose est possible. Mais, qu'entends-je ? ce sont des instruments, ma foi.
Musique,
MONSIEUR DUPRÉ
La petite a dit vrai, l'on donne bal chez moi.
SCÈU^E X
LAURE, MONSIEUR DUPRÉ, MADAME DUPRÉ
DUVAL PÈRE
LAURE, S* élançant vers son père.
Ah! mon père, c'est vous!
i68 l'éducation ou les deux cousines
MONSIEUR DUPRÉ
Ah! parbleu, la raison me paraît excellente!
Mais une chose aussi m'a semblé surprenante, Et même je ne puis encor la concevoir I En arrivant ici, je viens d'apercevoir Deux valets à livrée, et pleins d'impertinence; Est-ce qu'ils sont à moi ?
MADAME DUPRÉ, embarrassée»
Mais, monsieur... je le pense.
MONSIEUR DUPRÉ
Comment, il se pourrait!... et que sont devenus Nos anciens serviteurs ?
Nous ne les avons plus.
MONSIEUR DUPRÉ
Mais, pour la probité, c'étaient des gens uniques!
MADAME DUPRÉ
Oui, j'en conviens, c'étaient d'excellents domestiques; Mais...
MONSIEUR DUPRÉ
Mais, pour les chasser, quel motif avait-on ?
MADAME DUPRÉ
Laure n'a pas trouvé qu'ils fussent de bon ton.
MONSIEUR DUPRÉ
De bon goût, de bon ton! mais vous êtes donc folles. De venir me payer de ces contes frivoles ?
J'ai bien affaire, moi, de bon ton, de bon goût! Ma caisse, avec cela, ne s'emplit pas du tout.