‹ Théatre (volume 3)Chapitre 87 sur 184 · ACTE m, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE X

DUVAL PÈRE

Mon dieu, tu peux parler sans préface, je pense. Que faut-il ?

MONSIEUR DUPRÉ

T'en aller, ou garder le silence.

DUVAL PÈRE, étonné.

Comment?

MONSIEUR DUPRÉ

Je veux du calme, entends-tu? Je suis, moi, Partie intéressée, et j'en ai plus que toi.

DUVAL PÈRE

Eh! bien... soit.

MONSIEUR DUPRÉ

Ainsi donc, tu seras impassible ?

Je me tairai : je crois que la chose est possible. Mais, qu'entends-je ? ce sont des instruments, ma foi.

Musique,

MONSIEUR DUPRÉ

La petite a dit vrai, l'on donne bal chez moi.

SCÈU^E X

LAURE, MONSIEUR DUPRÉ, MADAME DUPRÉ

DUVAL PÈRE

LAURE, S* élançant vers son père.

Ah! mon père, c'est vous!

i68 l'éducation ou les deux cousines

MONSIEUR DUPRÉ

Ah! parbleu, la raison me paraît excellente!

Mais une chose aussi m'a semblé surprenante, Et même je ne puis encor la concevoir I En arrivant ici, je viens d'apercevoir Deux valets à livrée, et pleins d'impertinence; Est-ce qu'ils sont à moi ?

MADAME DUPRÉ, embarrassée»

Mais, monsieur... je le pense.

MONSIEUR DUPRÉ

Comment, il se pourrait!... et que sont devenus Nos anciens serviteurs ?

Nous ne les avons plus.

MONSIEUR DUPRÉ

Mais, pour la probité, c'étaient des gens uniques!

MADAME DUPRÉ

Oui, j'en conviens, c'étaient d'excellents domestiques; Mais...

MONSIEUR DUPRÉ

Mais, pour les chasser, quel motif avait-on ?

MADAME DUPRÉ

Laure n'a pas trouvé qu'ils fussent de bon ton.

MONSIEUR DUPRÉ

De bon goût, de bon ton! mais vous êtes donc folles. De venir me payer de ces contes frivoles ?

J'ai bien affaire, moi, de bon ton, de bon goût! Ma caisse, avec cela, ne s'emplit pas du tout.

Page 1