ACTE II, SCÈNE I lyf
PEDRO
Écoute.
A son maître actuel il tient beaucoup sans cloute; Mais il est pour l'ancien plein d'un zèle si beau, Qu'à sa voix il est prêt à déplaire au nouveau.
GUSMAN, riant.
Et pourquoi veux-tu donc que l'honnête Fabrice Se brouille avec son chef?
PEDRO
Pour te rendre service.
Depuis hier au soir j'ai combiné cela ; Je veux qu'il te protège, et...
GUSMAN, r interrompant.
Que me dis-tu là?
Me protéger?
PEDRO
Sans doute; il vient de le promettre.
GUSMAN
Un garçon de bureau me protéger?
PEDRO
Peut-être.
GUSMAN
Ce serait un appui curieux et nouveau.
PEDRO, gravement et d'une voix haute.
Parlons avec respect des garçons de bureau... Quelquefois, je le tiens de gens d'expérience, Un petit protecteur vaut mieux qu'une excellence; L'escalier dérobé mène un solliciteur Un peu plus loin souvent que l'escalier d'honneur.
BACHELIEK DE SECOVtE
CUSMAN.
Puisqu'il en est ainsi, je me laisse conduire.
Notre homme m'a, d'abord, promis de t'introdulre ; C'est, dans la circonstance, un point fort important.
Quand m'jntroduira-t-il ?
PEDRO
Aujourd'hui, dans l'instant.
FABRiCco, tntrant tout effari par la gauche.
A causer avec vous j'aurais bien de la joie; Mais on me suit, sortez, de peur qu'on ne nous voie. Pedro et Gusman sortent par le fond.
SCÈ^^E II
FABRICIO, LA COMTESSl, mirant par la gauche.
LA COMTESSE
Reprenons l'entretien, car je veux tout savoir. Quand cette veuve est-elle arrivée?
FABRICIO
Hier soir.
LA COMTESSï.
Sa demeure î
Est chez nous.