‹ ThéatreChapitre 115 sur 253 · GUSMAN, PEDRO · texte numérisé non relu

GUSMAN, PEDRO

PEDRO, regardant Émerance s* éloigner.

Aimable enfant! hélas!... trop aimable pour moi...

A Gusman avec gaieté.

Mais je puis t' adresser un compliment, à toi. Celui qui, maudissant et le ciel et la terre. Hier manquait d'asile... habite au ministère! N'es-tu pas enchanté, ravi de ton bonheur?

GUSMAN

Oui... pourtant quelque chose à présent me fait peur.

Quoi?

GUSMAN

Parbleu, les devoirs où ma place m'oblige.

Pour être rédacteur... il faut que Ton rédige.

PEDRO, vivement.

Donne-moi tes dossiers; n'est-ce pas convenu?

GUSMAN, ému.

Tu ne me surprends pas, car ton cœur m'est connu. Mais il est une chose encor plus naturelle, Qui va, dès ce moment, avoir lieu.

PEDRO

Quelle est-elle?

GUSMAN

Communauté de bourse et d'habitation.

Nous devons faire aussi cette convention.

Regarde comme tien mon réduit, mon salaire;

Pedro fait un mouvement.

Point de remercîments; ne suis-je pas ton frère? J'en remplis les devoirs; ainsi, c'est par moitié Que tu partageras le pain de l'amitié.

Ils sombrassent,

PEDRO, d*un ton solennel et avec gaieté.

Avec un point d'appui, l'on soulève le monde, A dit un Grec fameux, de science profonde.

Si ce Grec a raison, à dater d'aujourd'hui, L'univers est à moi; car j'ai mon point d'appui.

Quel est ce point d'appui?

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