‹ ThéatreChapitre 130 sur 253 · ÉMERANCE, ISABELLE, PEDRO, GUSMAN · texte numérisé non relu

ÉMERANCE, ISABELLE, PEDRO, GUSMAN

Pendant la première partie de la scène, Gustnan embarrassé

se tient à Vécart.

PEDRO, à Isabelle,

Ah 1 madame, mettez un terme à vos rigueurs ; Vos yeux, à votre insu, ravagent bien des cœurs.

ISABELLE

Et quels cœurs ai-je donc ravagés, je vous prie?

Gusman, désigné du doigt, baisse précipitamment les yeux. Gusman! il m'aimerait?

PEDRO

Avec idolâtrie.

On regarde Gusman; même pantomime.

ISABELLE

Bon Dieu, qui s'en serait douté jusqu'à ce jour? Il a l'air de nous fuir!

PEDRO, avec emphase.

C'est par excès d'amour.

Oh! mon ami n'est pas un soupirant vulgaire.

Bas à Gusman, avec humeur et en le poussant.

Mais déclare-toi donc, je ne peux pas tout faire*.

* Émerance, Isabelle, Gusman, Pedro.

GUSMAN, par saccades et en essayant de s'animer.

Oui, belle cousine, oui, c'est mon vœu le plus doux.

PEDRO, bas»

Ferme!

GUSMAN

Oui, quand je vous vis, je fus épris de vous...

PEDRO, bas.

Allons donc!

GUSMAN

Répondez à ma flamme amoureuse; Je ne puis être heureux qu'en vous rendant heureuse.

A part.

Ouf!

// se tourne vers Pedro, qui le félicite,

ISABELLE

Mon cœur de cette offre est vivement flatté; Mais pour moi le bonheur est dans la liberté.

PEDRO, avec feu*.

La liberté? qui peut vous avoir mis dans l'âme Que votre liberté soit en danger, madame?

Montrant Gusman, Avec lui, juste ciel ! j'ose vous protester Que jamais mon ami n'y voudrait attenter; Il en est incapable! Ahl... ce sont, dit un sage. Les contrastes qui font l'harmonie en ménage. Vous vous convenez donc beaucoup; car grâce à Dieu, Au physique, au moral, vous vous ressemblez peu.

*' Ëmerance, Isabelle, Pedro, Gusman,

Page 1