ACTE IV, SCÈNE VI
C'est parce qu'il me faut ce mutisme absolu, Que ton admission est un point résolu.
On prétend qu'à Madrid tu ne connais personne? Reste sur ce pied-là, je le veux, je l'ordonne. Renonce au monde entier, tiens-toi pour enterré...
Gracieusetnent.
A ces conditions ton sort est assuré.
PEDRO, avec énergie.
J'accepte.
LA COMTESSE
Au monde entier?
PEDRO
J'accepte.
LA COMTESSE
Bien, mon brave!
PEDRO, à part, avec effusion.
Chers amis, c'est pour vous que je deviens esclave! . Je pourrai vous sauver!...
LA COMTESSE
Prends place à ce bureau.
Et gouvernons l'Espagne et l'univers, Pedro.
PEDRO, s* asseyant aussi.
Gouverner ! ! I
LA COMTESSE, souriant finement ,
Tu vas voir que c'est facile à faire.
Que faut-il pour guider l'Europe tout entière? Un peu de sens, et même, en ces sortes d'emplois.
Baissant la voix avec malice.
J'observe que l'on sait s'en passer quelquefois... Nous ferons tout à l'heure un traité d'alliance
2f2 LE BACHELIER DE SÉGOVIE
SCÈff^E VII
PEDRO, LA COMTESSE, debout.
LA COMTESSE
Tels sont tes travaux ordinaires; Avec solennité.
Maintenant, bachelier, parlons des honoraires.
L/un ton très aimable.
Si tu me veux servir franchement, ardemment, J'ai pour toi beaucoup d'or...
Uun ton sévlre.
S'il en est autrement, Apprends ce que te garde un courroux légitime.
Avec force.
Le cachot pour le doute, et la mort pour le crime :
Mouvement de Pedro, A quoi réfléchis-tu?
PEDRO, s* efforçant de sourire.
Votre allocution Fournit un peu matière à la réflexion.
Je m'y livrais... j'osais peser les circonstances...
Avec énergie et en levant la tête.
Et j'accepte la place avec les conséquences.
A l'œuvre donc ! posons les bases du traité Que, depuis si longtemps, ma haine a projeté.