ACTE IV, SCÈNE VI
€ LA COUTISSE, à part, avec joie,
a Delplanque!...
« Haut, « Le recteur est-il connu de toi ?
« PEDRO
a Oui, beaucoup.
« LA COMTESSE, 4 /)ûr/.
a Dieu lui-même a prononcé pour moi.
Haut.
« Pedro, tu m'appartiens... j'arrête ton entrée...
Avec hienveiîîarwe.
Et te dispenserai de porter la livrée.
PEDRO
Ah I je respire.
LA COMTESSE, avec Solennité.
Écoute. On t'a sûrement dit Quel est depuis longtemps mon immense crédit? Des destins de l'État maîtresse souveraine.
Arbitre de la cour, je puis tout sur la reine. Qui peut tout sur le roi. Les grands humiliés, Les Médina-Cœli s'inclinent à mes pieds.
Pour m'aider à porter le fardeau qui m'opprime, Je cherche un secrétaire, un confident intime. Qui, de tous mes projets dépositaire heureux, Recueille ma pensée et rédige mes vœux.
Je cherche un homme jeune, ignoré, sans naissance. Qui soit bien malheureux, bien dans ma dépendance, Qui se dévoue à moi, ne connaisse que moi; Eh bien! ce confident, je l'ai trouvé... c'est toi. Tu conviens à la place; examine en ton âme Si la place en retour te convient.
PEDRO, vivement.
Oui, madame, Beaucoup!
A part.
Je changerai de poste et non d'ennui; Gaietnent, Hier, j'étais exploité, je vais l'être aujourd'hui.
Résumons-nous. Ici, tu vas bientôt connaître Les destins de l'État, de l'Europe peut-être! Aussi, quand je t'aurai mis dans ce cabinet.
J'exige que tu sois sourd, aveugle et muet.
Avec force.
Oui, muet! c'est à toi d'en prendre l'habitude : Il me faut un muet... J'aime la solitude; Quand tu seras assis au bureau que voilà.
Je veux pouvoir penser que personne n'est là ; Et soit que je travaille ou que je me repose. Pour moi tu seras moins un homme... qu'une chose.
PEDRO
Permettez-moi, madame, une observation.
LA COMTESSE
Sois bref.
PEDRO
Vous exigez de la discrétion ; Mais cette camériste?...
LA COMTESSE
Elle entend sans comprendre; D'un ton menaçant.
Toi qui comprends, mon cher, tu ne dois pas entendre.
Dihrès sort.