ACTE ly SCÈNE VII
SOPHIE, ingénument.
L'inconnu m'épouvante.
Ici, mon existence est heureuse, est charmante, Elle remplit mes vœux, est l'objet de mon choix;
Pressant le général contre son cœur.
Je n'en veux pas changer.
s u R V I L L E , dàoncerté.
C'est un refus, je crois?:..
SOPHIE, haïssant les yeux.
Oui, monsieur.
SURVILLE
Un refus !I!
Se regardant.
Je ne puis pas comprendre!...
BÉCLARD, d*une voix caressante.
Ajournement.
s u R V I L L E , très vivement.
Non pas, non pas!... Je sais entendre; C'est un refus bien net...
Avec dignité.
Et, tout considéré, Je suis fort satisfait de me voir éclairé.
S^avançant vers Sophie.
J'aime cette franchise, et jusqu'au fond de l'âme J'en suis reconnaissant, pénétré...
A part, après deux révérences profondes.
Cette femme.
Qu'en mon aveuglement je préférais à tout,
304 l'A FILLEULE OU LES DEUX AGES
Avec dédain.
N'est vraiment pas mon fait; elle n*a pas de goûtl
Après avoir lorgné et salué respectueusement, il sort la tête haute»
SCÈV^E IX
BÉCLARD, SOPHIE
BÉCLARD, riant.
Encore un... d'immolé!! I tu poursuis ton système; Pourtant quel est son tort?
SOPHIE, d'un ton décidé.
Il s'aime trop lui-même.
Faut-il que je vous parle avec sincérité? Je déteste les beaux et leur fatuité.
Montrer leurs belles dents et leur belle crinière, Est leur seule pensée et leur vertu première. Chaque jour, chaque instant vient me le confirmer,
R^ardant son parrain avec tendresse.
Les jeunes gens, monsieur, ne savent pas aimer. Le cœur vide, l'esprit rempli de bagatelles, ils ne rêvent qu'habits, chevaux, modes nouvelles. Pour cabinet d'étude ils ont pris leur boudoir. Pour conseil leur tailleur, pour livre leur miroir; Enfin, quand on est beau de figure et de pose,
Avec verve.
Il est clair qu'on n'a pas le temps d'être autre chose.