ACTE I, SCÈNE VIII 30I
S u RV I L L E, se dandinant.
Je n'ajouterai plus qu'un seul mot sur moi-même : J'ai trente mille francs de rente et je vous aime. Puis, un fait bien connu m'encourage surtout;
Avec amour-propre.
Vous êtes, m'a-t-on dit, une femme de goût.
SOPHIE, gaiment.
Ma réponse sera moins brillante peut-être !
s u R V I L L E , toujours Satisfait,
Ah! voyons.
SOPHIE, avec une douceur irotiique.
Je n'ai pas l'honneur de vous connaître.
Vous m'avez aperçue avant-hier seulement; Aujourd'hui, vous voulez ma main?
SURVILLE
Assurément.
SOPHIE, étonnée.
Cette façon d'agir couvre quelque mystère; Car enfin savez-vous quel est mon caractère?
s u R V I L L E , avec aplomb.
Oh! parfaitement.
SOPHIE
Vous?...
s u R V I L L E, dessinant ses grâces.
Je suis observateur.
Et pour moi le visage est un indicateur; C'est un livre où je lis fort couramment! J'achète, Pour voir le fond des cœurs, une bonne lorgnette.
Dirigeant sur elle son binocle.
Tous mes avis sont sûrs, tous mes coups-d'œil prudents; Quand j'ai vu le dehors, je connais le dedans.
A part.
Portons un dernier coup.
Haut et avec emphase.
Dans cette confiance, J'ai refusé pour vous la plus belle alliance! ! !
SOPHIE, reculant.
Pour moi?
s u R V I L L E , gravement.
Mademoiselle Alix de Balincour!
BÉCLARD
Maison puissante, hom fort célèbre à la Cour!
SURVILLE
La reine en avait dit deux mots à ma famille;
Négligemment et en se caressant le menton.
Elle voulait du bien à cette jeune fille!
SOPHIE, à part.
Quel orgueil!
s u R v I L L E , langoureusement.
Votre cœur permettra- t-il au mien Un peu d'espoir? Soyez sincère.
A part.
Je la tien!
SOPHIE, résolument.
Je veux l'être.
s u R V 1 L L~E , avec suffisance, Ohl parlez.