ACTE m, SCÈNE II
Avec humeur.
Ce sont ces deux enfants, leur gaîté tracassière; Souffrez que sur-le-champ je les rende à leur mère.
Elle fait un mouvement pour sortir,
SOPHIE, l'arrêtant avec vivacité.
Non!... ce jardin leur plaît. Non!... ne les gêne en rien;
S' attendrissant.
Laisse-les s'amuser, ils m*ont fait tant de bien; Ils sont si frais, si beaux, leur mine est si joyeuse!
Avec feu.
Ils sont si caressants! ! !
Baissant tristement la tête,
Que leur mère est heureuse!...
Leur mère?...
Avec effroi.
Si j'en crois un noir pressentiment, Et quelques demi-mots lancés étourdîment, Ce bonheur ne m'est pas réservé... Malheureuse! Ma destinée, hélas! est-elle assez affreuse? J'ai dans l'oreille encor ces mots désespérants : « On n'est pas marié, quand on n'a pas d'enfants... »
LAMBERT, las à madame Faget,
Quelle mouche a piqué notre jeune maîtresse.
Elle qui n'exhalait que joie et qu'allégresse?
MADAME FAGET, has.
Deux petits chérubins, au sourire charmant.
Ont fait couler ses pleurs, en lui disant : maman.
Ils sortent sur la pointe du pied.
SCËl^E III
SOPHIE, sortant brusquement de sa rêverie.
Quoi! le ciel m'est fermé! Quoi! je ne puis connaître Le vrai, le seul bonheur? Jamais un petit être Abreuvé de mon lait et formé de mon sang
Avec attendrissement.
Ne viendra me presser de son bras caressant?
Avec moi je verrai s'éteindre ma famille;
Avec sanglots.
J'ai le cœur d'une mère et je n'ai point de fille!...
S'efforçant de sourire.
Mais chassons des pensées qui me suivent partout; Mon mari désormais me tiendra lieu de tout.
Elle va s'asseoir sur un canapé.
SCÈff^E IV