ACTE III, SCÈNE XI
B É c L A R D , d*un ton doucement railleur.
Ton honneur, mon enfant, se gendarme un peu fort. De ce digne garçon je ne vois pas le tort.
SOPHIE
Son tort?
BÉCLARD
Eh ! oui, qu'a fait mon jeune secrétaire t SOPHIE, d*un air imposant.
Son tort? Vous oubliez qu'il est célibataire.
BÉCLARD, devenant sérieux .
C'est juste, et j'aurais dû, parbleu, le remarquer...
D*un air dégagé.
Mais le remède est simple, et je vais l'appliquer.
Élevant la voix.
Bon Julien, j'ai promis de vous servir de pèrel
Montrant le caJner, Je vois qu'une beauté... vertueuse, j'espère. Vous inspire des vers remplis de passion.
Brusquement, Son nom?
JULIEN, embarrassé.
Son... nom?
BÉCLARD, d'un ton plus bourru encore.
Mais oui, n'a-t-elle pas un nom?
JULIEN, devenu tremblant.
Son... nom?
BÉCLARD, impatienté.
Répondez donc! Et regardez en face, Que diable !
SOPHIE, à part, avec terreur.
Il va se perdre!
JULIEN, à part.
Ah ! Tout mon sang se glace !
SOPHIE, à Béclard, avec timidité, A quoi bon... la nommer?
BÉCLARD, se tournant vers Julien, avec affection.
Afin que, dès demain, J*aille la demander, une dot à la main.
JULIEN, perdant la tête.
Demander... qui?
BÉCLARD, brusquement.
Mais elle.
Avec honte.
Allons, tout vous étonne?
SOPHIE, à Julien, d'une voix douce et suppliante. Désignez donc... quelqu'un.
JULIEN, avec une respectueuse fermeté.
Je ne connais personne Que je puisse épouser.
BÉCLARD, étonné et déconcerté.
Vous ne pouvez?... Pourquoi?
SOPHIE, d'une voix encore plus suppliante.
Oui, pourquoi?
JULIEN, avec feu.
C'est qu'elle est...