ACTE II, SCfiNE VI f
Depuis que j'ai touché ce fatal presbytère, J'éprouve un mal secret, un déplaisir profond.
CATHERINE
Quel déplaisir?
MARTIN
De n'être ici que le second.
CATHERINE, souriatît.
Ah! de l'ambition!
MARTIN, gravement,
Qui? moi, bonté divine!
J'ai pour but, en prenant sa place, Catherine, L'intérêt de l'Église, et pas du tout le mien. Il administre mal, j'administrerai bien.
Nous sommes seuls, je puis parler sans me contraindre; Ce n'est pas avec vous que j'essaîrais de feindre : Si Vincent exerçait dignement cet emploi, J'aimerais beaucoup mieux qu'il l'occupât que moi.
CATHERINE
Mais je ne conçois pas qu'il le garde à son âge!
MARTIN
Il y tient !
CATHERINE
Ah! Seigneur, mais c'est donc une rage?
Il ne peut plus marcher, trébuche à chaque pas.
CATHERINE
Hier, à Magnificat, on ne l'entendait pas.
MARTIN
C'est étonnant, jamais on ne se rend justice.
SCÈV^E VIII
BAUDET, caché dans la pièce de droite; CATHERINE, MADAME CAQUELARD, une boîte de bonbons à U f«flî«; MARTIN.
CATHERINE
Ehl bonjour!
MADAME CAQUELARD, d^m ton caîîn.
En allant hier me confesser, J'ai cru, monsieur Tabbé, vous entendre tousser. J'ai fait vite acheter, à la ville voisine.
De la pâte Regnauld, si douce à la poitrine, Et j'accours vous offrir la boîte que voici.
CATHERINE, S* en emparant.
C'est bien, nous en prendrons.
Elle en mange.
MADAME CAQUELARD, avec mystère.
Je viens finir aussi L'entretien d'hier soir.
MARTIN
Combien je vous rends grâce De m'éclairer ainsi sur tout ce qui se passe I Baudet entr*ouvre la porte.
MADAME CAQUELARD.
Si j'ai bonne mémoire, hier, pour dernier point, Ensemble nous traitions du maire et de l'adjoint.