ACTE II, SCÈNE XI
SCÈC/X.E XI
BAUDET, BÉATRIX, CATHERINE, MARTIN, VINCENT, CYPRIEN et SÉRAPHINE, entrant, MADAME FROMAGEOT.
VINCENT
Pour remplir comme il faut L'auguste mission que nous tenons d'en-haut, Se tournant vers Cyprien,
Ayons un autre esprit. Le véritable prêtre.
Le prêtre dont le cœur est digne de connaître
Son mandat tout divin, son emploi paternel,
Est l'intermédiaire entre l'homme et le ciel.
A la fois directeur et médecin des âmes.
De l'amour du prochain il sent les nobles flammes.
Son but, qu'on méconnaît, but modeste et chrétien,
N'est pas de dominer, mais de faire le bien.
Quand on souffre, il accourt; quand on le hait, il aime;
Et pour lui le triomphe est l'oubli de soi-même.
CYPRIEN, entJx)usiasmé,
Peinture ravissante! admirable tableau!
Existe-t-il un sort et plus noble et plus beau? Je sens que je m'exalte, et que votre parole M'élève à la hauteur d'un si glorieux rôle!
Oui, je serai celui que votre bouche a peint; Dès demain je reçois le caractère saint!...
S É R A P H I N E , d'un ton caressant.
Mon ami, retardez cette cérémonie D'une semaine encore.
CYPRIEN
Et pourquoi, je vous prie?
SÉRAPHINE
Pour que le même jour, et dans le même lieu.
Nous puissions tous les deux nous consacrer à Dieu.
S' animant.
C'est le vœu le plus doux, le plus cher de mon âme ; Vous me l'avez promis, j'y tiens, je le réclame.
CYPRIEN, avec feu.
Oui, je vous l'ai promis, je veux m'en souvenir; Unis par l'amitié, l'autel doit nous unir!
CATHERINE, has au vicaire.
Hé ! que disent-ils là !
MARTIN, bas au curé.
Si j'ai su les comprendre, N'est-ce pas de l'amour?
VINCENT, has aussi.
Non, affection tendre.
MARTIN, haut.
On pourrait prévenir Monseigneur ce matin.
CATHERINE
Et Séraphine alors prendrait l'habit demain.