SCÈD^E XI BÉATRIX, SÉRAPHINE
SÉRAPHiNE, se levant.
Quelle agitation! qu'avez-vous, ma cousine?
BÉATRIX, d'un ton solennel.
Ce qu'on vient de m'apprendre, est-il vrai, Séraphine? Ah I j'en frémis pour vous.
SÉRAPHINE
Pour moi ! que vous dit-on ?
BÉATRIX
Que vous abandonnez votre vocation.
Que vers un autre état vous vous sentez poussée.
Levant les yeux au ciel. Que de vous marier vous avez la pensée!
SÉRAPHINE, ingénument.
On ne vous trompe pas,
BÉATRIX
Quoi ! ce bruit est réel.
Et vous en convenez!
I20 LE PRESBYTÈKB
SÉRAPHINS
Sans doute.
BÉATRIX
Juste ciel !
SÉRAPHINE
Ce discours est étrange et j'en suis étonnée; Vous-même du couvent vous m'aviez détournée.
BÉATRIX, avec embarras.
J'avais tort, mon enfant, j'avais tort mille fois... De grâce, revenez à vos plans d'autrefois.
Hélas! vous demandiez avec tant d'insistance De consacrer à Dieu toute votre existence I
SÉRAPHINS
Je me l'étais promis, il est vrai; mais enfin Rien ne peut m'obliger à suivre ce dessein.
BÉATRIX
Nous préserve le Ciel d'employer la contrainte! Avec doiiuur.
Mais pourquoi quittez-vous une carrière sainte, Qui, sous tant de rapports, vous convenait si bien?
SÉRAPHINS, naïvement.
Monsieur Vincent m'a dit que j'aimais Cyprien... De plus, il m'a fait voir qu'un mari jeune, aimable, Aide à gagner le Ciel ; n'est-ce pas agréable ? Il vaut mieux se sauver comme ça qu'autrement; J'épouse Cyprien.
BÉATRIX, poussant un cri.
Ah ! malheureuse enfant !