‹ ThéatreChapitre 14 sur 92 · ACTE I, SCÈNE I. t · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I. t

Impuissante raison , yerta , respect des lois ,

Que YOulieZ'YOus ? j'aimais pour la première fois.

Je surpris Néala non loin du sanctuaire

Qui cache aux feux du jour son culte solitaire ,

Sous ces bois d'orangers , dont deux fleuves riyaux

Ont consacre les bords en confondant leurs eaux.

J'osai de mes tourmens peindre la violence.

Ah ! que la vërite' nous donne d'éloquence !

Cet aveu trouva grâce â ses yeux attendris ,

Dans sa bouche entr'ouyerte il arrêta ses cris :

Que dis-je ? elle m'aima j mais tremblante , incertaine ,

Triste , et passant pour moi de l'amour à la haine ,

Elle oublie à ma voix un e'poux immortel ,

Et court en me quittant embrasser son autel.

De mon sang réprouvé si la source est connue ,

Je ne suis plus qu'un monstre exécrable à sa vue.

Que de fois dans ce cœur, honteux de la tromper,

Je retins mon secret qui voulait m'échapper !

i8 LE PARIA.

Paria ! ce nom seul la glace d'épouyante ^

La prétresse frissonne ; et je n'ai plus d'amante.

Voila quel est mon sort : long-temps nion amitié

T'épargna les chagrins d'une yaine pitié ;

Sans qu'un malheur prochain m'étonne ou m'intimide ,

J'ai besoin qu'un ami me console et me guide j

Je le sens , et toi seul... Qui porte ici ses pas ?

On s'approche.... C'est elle l Alvar, ne vois-tu pas,

A travers l'épaisseur de ce feuillage sombre.

Ce vêtement sacré qui la trahit dans l'ombre ?

Ami, si quelque Brame errait autour de nous.

Cours j montre-lui ton glaive, et contiens son courroux j

Force-le de renter dans sa sainte demeure :

Qu'il vive, s'il se taitj s'il pousse un cri, qu'il meure.

Reviens pour la sauver.

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