ACTE I, SCÈNE I. t
Impuissante raison , yerta , respect des lois ,
Que YOulieZ'YOus ? j'aimais pour la première fois.
Je surpris Néala non loin du sanctuaire
Qui cache aux feux du jour son culte solitaire ,
Sous ces bois d'orangers , dont deux fleuves riyaux
Ont consacre les bords en confondant leurs eaux.
J'osai de mes tourmens peindre la violence.
Ah ! que la vërite' nous donne d'éloquence !
Cet aveu trouva grâce â ses yeux attendris ,
Dans sa bouche entr'ouyerte il arrêta ses cris :
Que dis-je ? elle m'aima j mais tremblante , incertaine ,
Triste , et passant pour moi de l'amour à la haine ,
Elle oublie à ma voix un e'poux immortel ,
Et court en me quittant embrasser son autel.
De mon sang réprouvé si la source est connue ,
Je ne suis plus qu'un monstre exécrable à sa vue.
Que de fois dans ce cœur, honteux de la tromper,
Je retins mon secret qui voulait m'échapper !
i8 LE PARIA.
Paria ! ce nom seul la glace d'épouyante ^
La prétresse frissonne ; et je n'ai plus d'amante.
Voila quel est mon sort : long-temps nion amitié
T'épargna les chagrins d'une yaine pitié ;
Sans qu'un malheur prochain m'étonne ou m'intimide ,
J'ai besoin qu'un ami me console et me guide j
Je le sens , et toi seul... Qui porte ici ses pas ?
On s'approche.... C'est elle l Alvar, ne vois-tu pas,
A travers l'épaisseur de ce feuillage sombre.
Ce vêtement sacré qui la trahit dans l'ombre ?
Ami, si quelque Brame errait autour de nous.
Cours j montre-lui ton glaive, et contiens son courroux j
Force-le de renter dans sa sainte demeure :
Qu'il vive, s'il se taitj s'il pousse un cri, qu'il meure.
Reviens pour la sauver.