‹ ThéatreChapitre 16 sur 92 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

IDAMORE

Tout dort, bannissez votre effroi.

NÉALA.

Eh ! dorment-ils ces dieux que je trahis pour toi ! Va , leur voix empruntait , pour troubler mon courage, Le murmure des vents et le bruit du feuillage ; Et quand dans ces rameaux, qui m'accusaient tout bas. Mes voiles arrêtés ralentissaient mes pas , CVtait la main des dieux , oui , leur main vengeresse , Qui, prête à la punir, arrêtait leur prêtresse.

IDAMORE

Eh bien ! retournez donc au pied de votre autel j Portez-lui vos terreurs. Offrez a PÉtemel Mes soupirs dédaignes, mes feux en sacrifice ^ Du crime sur moi seul détournez le supplice.

Allez , près de l'époux qu'ici vous regrettez , Chercher d'un autre amour les saintes voluptésr.

Soyez heureuse : allez.

Il est Trai, je t'offense :

Que puis-je redouter? tu prendrais ma défense. Pardonne , je suis faible ; et si je l'ëtais moins , Me YÎendrais-je à ta foi remettre sans témoins ? Aurais-je enfreint les lois que j'observais sans peine , Ayant qu'un fol amour m'en fît sentir la chaîne ? Aussi le juste ciel , qui veillait sur mes jours , D'un œil impitoyable a regarde leur cours :

Ces purs rayîssemens , cette divine extase D'une âme sans remords que la ferveur embrase , Cette ineffable paix que donne la vertu , M'ont punie , en fuyant , d'avoir mal combattu j Mais je ne me plains pas, non , je les abandonne Pour ce bonheur amer que la crainte empoisonne , Pour te voir, te parler, pour entendre ta voix, Et j'ai voulu l'entendre une dernière fois.

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