‹ ThéatreChapitre 17 sur 92 · ACTE I, SCÈNE IL a · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IL a

IDAMOR£.

Achève, Néala j parle, quelle puissance Veut rompre de nos cœurs la secrète alliance ?^ Quelle autre que la mort nous pourrait séparer ?

NEALA.

Celle que mon enfance apprit à réyérer, Celle que la nature a commise au grand^prdtre.

IDAMORE

Ah î c'est lui!.. .

NiALA.

C^est mon père et mon souverain maître.

Le Gange, où du soleil brillaient les derniers feux , Recevait en tribut mon offrande et mes vœux j Sans fixer mes esprits qui les suivaient à peine , Mes lèvres murmuraient une prière vaine , Et dans ce trouble heureux dont j'aimais l'abandon Mêlaient aux mots sacrés tes aveux et ton nom.

Le grand-prétre parut ; je pâlis , insensée.

Gomme sUl eût pu lire au fond de ma pensée !

<c Héala , me dit-il , apprenez par ma Yoix

« Qu'un oracle du Gange a révoqué son choix.

« Avant qu'à ses autels le serment vous engage ,

« Il veut vous affranchir d'un étemel veuvage.

« A l'hymen d'un mortel il vous cède aujourd'hui.

(c Quand ce mortel viendra, vous quitterez pour lui

« Cet asile de paix dont l'ombre et le silence

a Des conseils corrupteurs gardaient votre innocence.

« Recevez cet époux avec un cœur pieux ,

<( Comme le don d'un père et le présent des cieux. »

IDAMORE

Eh quoi ! dans mon orgueil , quoi ! dans ma folle audace , J'étais jaloux d'un Dieu dont j'usurpais la place j Mortel, je m'indignais qu'^n Dieu fût mon rival, Et d'un homme aujourd'hui je ne suis plus l'égal ! Et ce Dieu , lui livrant mon amante ravie,

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