ACTE I, SCÈNE II. aS
Lui transporte d'un mot mon bonheur et ma vie î Tu ne m'appartiens plus, tu veux m'abandonner, Dans le fond d'un sërail ils vont t'emprisonner ! Non ! quel est cet époux ? est-il prince ou bramine ? Oh! qu'il a dû vanter son illustre ori^ne !
Quel est son rang , son nom ? où le faut-il chercher ? Quel temple ou quel palais peut encor le cacher ?
NE AL A
Calmez-vous » je l'ignore; hélas ! je crains mon pèrcj Je ne sais point braver sa majesté sévère.
Par un soin curieux je pourrais l'outrager ; J'écoute , je réponds , et n'ose interroger.
IDAMORE
Alors c'est donc à moi d'écarter le nuage Où se cache des dieux cette invisible image.
Il s'arroge une part dans leur divinité j Il voit comme un néant la faible humanité j Il se trouble à l'éclat de sa grandeur suprême :
a6 LE PARIA.
Il s^imposc , il s'adore , il a foi dans lai-méme.
J'irai le détromper.
NÉALA.
Parlez plus bas ; les yents Peut-être a son oreille ont porte yos accens.
IDAMORE
C'est mon yœu , mon espoir! eh bien , qu'il se pre'senre , Qu'il vienne de mes bras arracher mon amante. Dëjà contre le mien son pouvoir s'est heurté. 11 crut, dans ses complots contre ma liberté, Me trouver à ses dons une vertu facile , Ou briser mon orgueil comme un roseau fragile ; J'ai repoussé les dons que présentait sa main , Et son joug s'est rompu contre ce front d'airain.
NÉÂLA.
Quel triomphe pour vous ! quelle vertu sublime , D'insulter aux objets d'un culte légitime !