ACTE II, SCÈNE II
Ces accens, dont Brama daigne emprunter l'organe, IV'iront-ils point frapper une oreUle profane !
£MPSAEL.
Quand tu yeux te cacher, flambeau de vérité , Quel souffle ternirait ton éclat respecté ?
Nul n'osera mêler un regard infidelle A ce commerce auguste où ta bonté m'appelle j Sois sans crainte.
AKÉBAR.
O bonheur de se voir adoré , Qu'ayec emportement mon cœur t'a désiré , Et, pour livrer ma vie a tes pompeux spectacles, Combien j'ai surmonté de chagrins et d'obstacles I Je te possède.... Helas!
EMPSAEL.
Quoi ! Youlec-vous toujours De vos prospérités empoisonner le cours , Souflrir avec ennui que le peuple vous voie ,
4i LE PARIA.
Respirer sans plaisir l'encens qu'il tous envoie ? IV'aimez-YQns plus ce trône où de lointains climats Les rois viennent baiser la trace de vos pas ?
AKEBAR.
Je Faimais , quand un autre j siégeait à ma place ; Entre nous à regret je mesurais l'espace; A ses débiles mains j'enviais l'encensoir.
Le voilà donc ce trône où j'ai voulu m'asseoij ! Composer ses regards , veiller sur son visage. Affecter la froideur d'une insensible image y O tourment ! qae mon front, lassé de ses splendeurs, Se courbe avec dégoût sous le poids des grandeurs ! Que le temple et sa pompe ^ et sa triste harmonie, Ont fatigué mes sens de leur monotonie !
( Il tombe atfis lur un banr Ar. gaxon. ) EMPSAEL.
Contre Fennui secret qui consume vos jours D^ins l'étude autrefois vous cherchiez un secours.