‹ ThéatreChapitre 28 sur 92 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

AKÉBAR.

Oui, j^ai longtemps pâli sur ces tables antiques. Des quatre âges du monde infaillibles chroniques , Et tant d'écrits sayans , entassés dans nos murs , Ont chargé mon esprit de leurs dogmes obscurs. Après trente ans d'efforts, j'ai percé dans les ombres Des caractères saints, des figures, des nombres j Les éclats de la foudre et le cri des oiseaux Ont d'oracles certains payé mes longs travaux ^ Qui, d'un yol plus hardi consultera les astres Sur des succès futurs ou de prochains désastres , Et d'un songe équivoque envoyé par les dieux Lira d'un œil plus sûr l'avis mystérieux ?

Science que j'aimais, séduisante chimère. Ta coupe inépuisable à ma bouche est amère ; Tes charmes sont trompeurs , et tu m'as enivré Sans étancher la soif dont je suis dévoré I Quoi ! tout est vain ?

EMPSAEL.

Jamais yos misères passées N'ont d'un chagrin plus sombre obscurci vos pensées. Quel est ce mal cuisant pour vous seul réservé , Dont vous cachez la plaie à mon zèle éprouvé ?

AKÉBAR. Il M lève.

Quel bonheur, Empsaël; quelle volupté pure D'abandonner ses sens au vœu de la nature !

Par ces chemins de fleurs , dont j'ai fui les appas,. Qu'il est doux d'égarer ses désirs et ses pas ! Ce bonheur est le tien , ô fougueux Idamore !

EMPSAEL.

Son triomphe importun vous poursuit-il encore ?

AKÉBAR, «Tccfiolence.

11 osa me braver : sans fléchir les genoux, De mon œil menaçant il soutint le courroux !

On l'admire pourtant, on l'exalte, on l'encense j

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