ACTE II, SCÈNE V
Point de pitié , frappez ]
lOAMORE.
Frappez donc votre époux :
Cet ennemi, ce monstre? embrasse vos genoux.
Frappez,
NEALA, M précipitant vers la statue de Brama, qu'elle cmlirasse.
Toi qui l'entends , protëge ta prêtresse j Dieu, fais luire entre nous ta foudre vengeresse; Que ce marbre insensible , ébranle par mes cris, Entre Pimpie et moi renverse ses del)ris.
IDAMORE , à genoux.
Ma vie est un fardeau^ prenez-la, je l'abhorre! Mon amitié flétrit, mon amour déshonore, Mon nom glace d'effroi.
NÉ AL A, sans ie regarder.
Les cieux m'en puniront; Mais le tranchant du fer n'atteindra pas ton front.
Infortuné, va- t'en!
IDAMORE
Hëlas ! dans quelles villes , Sous quel heureux climat, sur quels bords si fertiles. Où les plaisirs pour moi ne soient sans volupté , Le printemps sans parure y un beau jour sans clarté ? Vous fuirai-je aux déserts ? mais où fuir ce qu'on aime ? Dans quel antre profond me cacher à moi-même? Où ne verrai-je plus ces flambeaux de la nuit , Dont les feux si souvent à vos pieds m'ont conduit ? Par quel chemin vous fuir ? quel rocher, quelle source , Pour me parler de vous, ne suspendra ma course? Beaux lieux, sans m'arrêter comment vous parcourir , Et puis-je en la fuyant m'arrêter sans mourir ? Fleuve heureux , bois si chers à ma reconnaissance , Je vous re verrai donc, mais pleins de son absence !... A travers les rameaux , là , j'observais ses pas : Là , pour l'entretenir, j'affrontai le trépa« j