‹ ThéatreChapitre 42 sur 92 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

Là , les heures pour moi s'alloogeaient dans Pattente j Ici, je lui donnai ce doux titre d^amante j Plus loin.... 6 Néala, quel prix de mes exploits! Je leur dus de vous voir pour la première fois. Couronne par vos mains , que j'étais fier de Fétre ! Ah! vous m*aimie2 alor9, vous m'admiriez peut-être. Oui 9 malgré vos mépris, oui, malgré mon malheur , Ce jour atteste encor que j'eus quelque valeur j Quelques dons m'élevaient au^lessus du vulgaire. Et j'avais des vertus puisque j'ai pu vous plaire.

NÉALA.

Ils me furent cruels, ces dangereux trésors.

Dont j'exaltais le prix pour tromper mes remords. Pourquoi m'ont-ils caché sous leur brillant mensonge L'abîme inévitable où mou erreur me plonge ?

Malheur au cœur aimant que leur charme séduit : C'est par eux qu'à jamais mon bonheur fut détruit.

IDAMORE

Il ne l'est pas encorj du moins il peut renaître. La pompe se prépare, eh bien.... dois-je y paraître ? Cet aveu qu'en tremblant j'ai verse dans ton sein , N'y laisse plus pour moi qu'horreur et que dëdain : D'un amour confiant il est l'excès sublime.

Mon seul droit au pardon , mon titre à ton estime. Je disais : Il m'est doux de lui livrer mon sort , D'arracher à sa crainte un si pénible effort , Si grand , si gënëreux , que jamais avant elle La plus parfaite ardeur n'en laissa de modèle. Donnons-lui ce triomphe^ honneurs , lauriers , pouvoir, Jetons tout à ses pieds, je veux tout lui devoir! Je l'ai fait sur la foi de ta sainte promisse , J'en ai cru ta pitié' , j'en ai cru ta tendresse , Chasse, maudit par toi, j'en crois encor tes pleurs; Voilà tous mes garans , parle , sont-ils trompeurs ?

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