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dences , et qui , en le laissant s'égarer seul dans la forêt sacrée , s'enlève le moyen de lui apprendre sa résolution de partir avec Néala y. pour l'accompagner dans ses déserts, dès qu'elle sera devenue son épouse.
Les beautés de style que l'on aime à reconnaître dans le Paria sont nombreuses ; mais elles sont déparées par des fautes échappées à l'attention de M. Delavigne, et que je crois nécessaire de lui signaler.
Idamore dit en parlant d'Akébar :
Il se trouble à Pëclat de sa grandeur suprême ; Il s'impose^ il s*adore; il a foi dans lui-même.
Uéclsii éblouit, mais ne trouble pas ; puis estil correct de dire qu'on se trouble à F éclat ?
Le second vers est une paraphrase de ce mot si connu de M"* de Staël , parlant de Buonaparte : 2*/ cro 2/ en lui, La précision du mot
( 3txxj ) en fait tout le mérite; j'ai bien peur que M. Delavigne ne l'ait gâté en le délayant. Et puis y il s'impose présente-t-il une idée claire et précise ?
Le même Idamore dit en parlant de luimême :
Jeté farouche encore à trayers ces entrayes.
Je gémis sous leur poids léger pour des esclayes.
On attache les entraves aux pieds , mais on n'est pas jeté à travers : l'image est fausse; et d'ailleurs , les entraves n'asservissent point par leur poids, mais par leur dureté et leur force. Le poë'te emprunte au joug une métaphore qu'il transporte improprement à un objet auquel elle ne convient nullement.
Va, ces mortels si fiers qui nous ont rejete's De ce bonheur en vain nous croient déshérités.
( XXX ij )
Ici , la faute de prosodie est palpable. La ter-^ mînaison du mot croient ne peut entrer dans un vers que lorsqu'elle est masculine , comme dans les imparfaits de l'indicatif, ils aimaient ,. ils croj-aient. Une faute toute semblable se retrouve dans le dernier des deux vers suivans t
Sans que ses premiers feux ni sa clartë mourante De mes sens ëperdus aient calnuë Pëpouyante.
La règle de l'accord du participe est évidemment violée dans cet hémistiche ; il s'agit de l'amitié :
Ces arbres Font vu naître
On doit écrire , vue.
Que d'orgueils révoltés !
C'est la première fois que j'ai vu le mot orgueil employé au pluriel , et je doute qu'il fût possible à M. Delavigne d'autoriser ce pluriel par quelques exemples.
( xxxiij )
J'ai marqué ces inadvertances grammaticales, non que j'y attache une importance pédantesque, mais parce qu'elles gâtent des pensées et des tirades où Ton ne désirerait qu'admirer.
Voici des observations d'un autre genre :
on applaudit beaucoup les deux vers suivans , adressés par Idamore au grand-bramine :
Soyez plus qu'un mortel 3 j'y consens, si nous sommes , Vous le dernier des dieux, moi le premier des hommes.
J'ignore si ceux qui les applaudissent ont le bonheur de les comprendre ; Idamore ne cesse de déclamer contre la prééminence du grandprêtre sur la tribu des guerriers , et il établit les motifs de ses prétentions à la supériorité sur la caste des Brames , dans ces vers singuliers , que , dans une autre circonstance , Idamore adresse au peuple. Je combattais , ditil , je remportais la victoire ,
( xxxiv ):
Quand ces brames si fiers que je courais défendre, Cachds au fond du temple et courbes sous la cendre. Implorant un appui qu'ils n'osaient tou» offrir, Priaient, tremblaient pour tous, etTouslaissaientpërir.
Le reproche assurément est bizalre , et Ton ne voit pas trop ce qu'en tout pays livré aux horreurs de la guerre des prêtres ont de mieux à faire que de prier pour ses défenseurs. Quoi qu'il en soit , il résulte de cette allocution quidamore entend bien prendre le pas sur le pontife y ce qui sera difficile d'après la concession qu'il lui fait; le premier des hommes, suivant toutes les règles de l'étiquette polythéiste 9 ne doit venir immédiatement qu'à la suite du dernier des dieux.
Je me résume. Des fautes dans la disposition des scènes j quelques négligences de style , des idées fortes , une foule de beaux vers, des tirades entières écrites de verve ou imitées