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portent sur les diverses parties de l'invention , il en est un qu'on aura été surpris de ne pas rencontrer, et je dois en faire une mention expresse, parce qu'il, a été à peu près général ; ée n'est pas pourtant dans l'intention de l'appuyer, c'est, au contraire, avec la ferme volonté de le combattre que je le rappelle. La prévention et l'erreur ont seules inspiré la critique que je me propose de réfuter.
Il s'agit du personnage de Zarès. Quel est ce père insensé et barbare , entendais-je répéter de tous côtés , qui , couvert des haillons de l'indigence , vient troubler le bonbeur d'un fils élevé au faîte des grandeurs, et près de mettre le comble à sa félicité par son union avec une fille vertueuse et adorée? Quel égoïsme ! quelle dui*eté! Quoi ! ce fils renoncera à son rang , à sa considération , à son amour ! Et pourquoi ? pour rentrer dans la fange , d'où
( 3cxvi ) son génie a su le relever ; pour retourner dans un dësert , s'exposer de nouveau au mépris et à la proscription , pour n^avoir d'autre consolation de son isolement que la société de son vieux père , auquel il ofiire de partager sa gloire et sa fortune , et d'hahiter près de lui son superbe palais de Bënarès? £t c'est cependant sur ce vieillard que l'auteur a reporté tout l'intérêt de ses derniers actes ; c'est sur lui qu'il appelle la pitié ; Idamore paraîtrait coupable , si , après la cérémonie de son hymen, il se refusait à le suivre avec sa nouvelle épouse ! Ne serait-il pas plus naturel que Zarès acceptât la proposition de son fils, puisque enfin il n'est pas connu pour un Paria , et que , couvert de la protection filiale du chef des guerriers , il doit plutôt aspirer à s'élever jusqu'à lui , que le condamner à redescendre à l'humiliation d'une tribu dégradée.
( xxvij ) Voilà l'objection dans toute sa force. Ceux qui la font me paraissent avoir méconnu le but de la nouvelle tragédie y et ils ont pro* nonce d'après des préjugés vulgaires sur un caractère entièrement placé bors de la posi-> tion sociale. M. Delavigne n'a voulu prouver qu'une cbose , c'est qu^un Paria est un bomme ; que l'infamie politique dont il est frappé est une grande infamie morale; que dans cette caste rebutée il peut se trouver de grand»
caractères. Pour appuyer cette tbéorie par des. exemples, il a mis en scène deux Parias , dont l'un , jeune , ardent , ambitieux , a triompbé de sa destinée, en se montrant digne des grands emplois auxquels il est parvenu; dont l'autre , au contraire ^ a nourri pendant soixante ans , dans la solitude , la baiue de ses oppresseurs et de longs ressentimens contre les supériorités dont il est la victime. Façonné
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à son état et à ses privations , il ne doit voir qu'avec dédain et avec colère tout ce qui se rattache aux castes privilégiées. Il a en horreur leurs villes, leurs arts, leur opulence. Privé de ce fils , unique appui , dernière consolation de sa vieillesse, il le cherche au péril de sa vie ; il le retrouve : dans quel moment ! lorsque son union avec la fille du grand-bramine va rencbaîner pour jamais à une caste qu'il abhorre , et lui enlever tout espoir de le ramener dans sa solitude , et de pleurer avec lui sur les cendres de sa mère.
Il faut connaître bien mal le cœur humain pour n'avoir pas senti combien était dans la nature cet héroïsme d'une misère stoïque , ce mélange de vengeance , de dédain et de grandeur d'âme. A-t-on oublié Lusignan retrouvant sa fille au moment où elle va épouser le successeur des Califes , et lui défendant , au nom de
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la religion etdel'aatonté paternelle, un mariage coupable? Mais Zaïre est la fille des rois de Jérusalem ! Oui , sans doute , de rois détrônés , captifs , réduits à une condition plus ^ cruelle que celle des plus misérables Parias. Mais elle est fille d'un cbrétien , et elle a promis de devenir chrétienne ! Croit-on que Ta— version inspirée par la di£Férence de religion , soit plus puissante que celle que Zarès doit ressentir contre des titres dont il est séparé par toute la distance que met l'orgueil entre la tonte-puissance et l'esclavage , entre l'existence et le néant?
Je suis donc loin de blâmer les sentimens qui animent Zarès^ il serait faible et pusillanime s'il en montrait d'autres; ce que je blâme , c'est l'imprévoyance incroyable d'Idamore , qui ne prend aucune précaution pour mettre son père à l'abri de ses propres impru-