‹ ThéatreChapitre 72 sur 92 · LES PRÉCÉDENS, ZARÈS · texte numérisé non relu

LES PRÉCÉDENS, ZARÈS

• ZARÈS. ,

Où ne conduisez>jrou3 ? quelle pitié cruelle Me refuse la mort que je venais chercher ?

Que vois-je ? et quel secret voulez-vous m'arracher ? J'aî tout dij : je suis seul j je n'ai point de complice ; ' Je suis seul,, d'un couj^able ordonnez le ^ppHce.

ABÉBAR.

Par un prompt châtiment étoufiez donc ses cris^ Au fer qui leur est^lù livrez ses jours proscrits.

iDAMOip:.

Ah! barbare !...

N£ALA, ^il'arrêle.

. Idamore!...

i38 LE PARIA.

O toi j le digne organe ' Du dieu de ces climats , dont ta puissance émane, L'esprit de vërité , de ism sein descendu , Sur tous tes jugemens fut par lui répandu ; Un meurtre en t^ira\^ le sacré caractère.

Quel que soit ce vieillard , il est homme et toïi frère.

^ AKÉBAR.

Lui!

Xlvar.

Ne Fimmo^ pas dans ce séjour de paix , Que les plus yils troupeaux n'ensanglantent jamais. Voudrais-tu te vQnger ? non , j'en creis ta grande âme. Contre lui par ta voix c'est l'état qui réclame. Pontif , à ta rigueur je suis loin d'insulter : La loi fût-elle injuste , il la faut respecter \ ^ Mais ^oiige à ses yienx ans , épargne sa démence \ Ton droit le plus divin n'estai pas la clémence ?

~. .; , ACTE IV, SCÈNE V. i3q

NÉALâ y tunidemeat.

Grâce !

IDAMORE

Pardonnez4ui.

AILEBAR, ÎDdigni.

^ Vous aussi , mes enfans !

Non, frappez^ je l'ordonne.

• IDAMORE

Et je TOUS le de'fends.

AKÉBAR. •

Qu'il meure ! »

IDAAfORE, «'élançant deTant Zarèa. '

H Immolez donc le ûls avec le père.

A&ÉBAR.

Qu'as-tu dit? ' i

IDilHORE.' Oui , le sang que poursuit ta colère ,

i4o UE PARIA. ,

CTest le mien , c'est celui qae pour toi j*ai rersé . Qu'oD Vépaiffae à sa source , où les ans Font glacé. Le mien toqs saura tons , que ta main le r<^nde ^ 11 est pour tes autels une plus digne offrande.

If ÉALA , à M* cospapia.

. Soutenez-moi!

ZÀKÈS. • ^

J*ai seul mérité le trépas.

IDAMORE

Ah! mon père!

ZABÈS.

Guerrier, je ne te connais pas.

IÇAHORE.

C'e^t mon père'! c'est lui! croyez-en ses alarmes; La pâleur de son front , fies jreux noyés de larmes , Ses bras que, malgré lui , je force à se rouvrir... Il m'embrasse , frappez, c'e^t à moi de mounr !

. *>. V**, u ^À€TE IV, SCÈNE V. .14? " '

• " ' • . f AKÉBAK, aux prêtresse».

• Dérobez à leurs yei!k£cette jeune victime.

. ( Od reomfne ).

Elle n^a pas nourri d'ardeur illégitime.

Ma fille est innocente ; oui, 'peuple, elle ignorait

Quel effroyable hymen mon erreur consacrait.-

Mais toi, d'un noir courroux tout mon cœur se soulève : •. \ ^ ,

Tu n'es donc... se peut-il ?... ah î misérable! . •

lOAMOKE.

AchéTc.

, Oui , je suis paria, je le suis j mais l'état

Ne dut sa liberté qu'à mon noble attentat.

Je descendis des monts j vos tribus dispersées «

A l'approche du joug s'étaient déjà baissées. Je l'écartai moi seul , qui seul restai debout: La mort entre elle et toi m'a rencontré partout , v^.

« Peuple : Join des .cit» , ' «les enikns et des femmes ,

Je détournais le fer, je repoussais les flammes^

i4a LE PARIA. • % '

' Mon front , pl^is que vous tous des chrétiens redolite, Leur renvoyait l'effroi qu'ils avaient, ^pportç , Quand ces brames si fiers, que je courais défendre, Cachés au fond du temple et courbés Wus Ik cendre , * " Implorant un appui qu'ils nuisaient vous offrir , Priaient , tremblaient pour vous et vous laissaient périr!

AKÉBAR..

Tu l'entends*, et la foudfe à tes pieds assoupie Ne se réveille pas pour dévorer l'impie , Brama ^ c'est donc à nous de venger tes affronts ; ' Ton silence est un ordre , et nous obéirons.... Défenseurs de l'état , loin de moi la pensée D'immoler votue*chef k ma gloire offensée.

Trop pesant pour moi seul , ce droit de le juger M'in^pose un soin cruel qife je veux partager. De vos sages vieillards que le conseil prononce, £t puisse à l'indulgence incliner l«ur réponse. Décidons aujourd'hui si d'éclatans exploifs

I •• ■'■ AtTEIV.'sCÈNE V. 143

i • Placent un révolté hors du pouvoir des lois ,

9 \ Oukd^ivent sur sa tête app^lgi* un supplice

Honteux et solennel, fameux par sa justice ,

TerAble , tel enfin qu'il puiâ^e épouvanter

. , Quiconque a vu la faute ervoudrait Timiter. «

; - ALVAII9 auxgjlcrriers.

Vous, dont je l'ai connu Tamour et le modèle, N'a-t-il plu» dans vos rksgs un compagnon fidèle ?

I ZARÈS

Serez-vous de^nos maux d'insensibles témoins ?...

Qpoil vous rejyiez muets?

*• IDAMORE

'^ Je n'attendais pas moins.

' / ' Mais tout ingrats qu'ils sont, tourmentés par ma 'gloire,

. Ils en ^udraieçt en i^ain secouer la mémoire ^

Elle pèse sur eux. ( A Zarès. ) Ils vous respecteront ,

\* Et pour les cot^tenir mesj^regards suffiront.

Leur crainte surrÎTra : pour leur amour , qu*importe ; tl est juste qu'il meure oùuma puissance est morte- Sortons.

>LVA&.

Alvar du moins neroas trahira pas.

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