LES PRÉCÉDENS, ZARÈS
• ZARÈS. ,
Où ne conduisez>jrou3 ? quelle pitié cruelle Me refuse la mort que je venais chercher ?
Que vois-je ? et quel secret voulez-vous m'arracher ? J'aî tout dij : je suis seul j je n'ai point de complice ; ' Je suis seul,, d'un couj^able ordonnez le ^ppHce.
ABÉBAR.
Par un prompt châtiment étoufiez donc ses cris^ Au fer qui leur est^lù livrez ses jours proscrits.
iDAMOip:.
Ah! barbare !...
N£ALA, ^il'arrêle.
. Idamore!...
i38 LE PARIA.
O toi j le digne organe ' Du dieu de ces climats , dont ta puissance émane, L'esprit de vërité , de ism sein descendu , Sur tous tes jugemens fut par lui répandu ; Un meurtre en t^ira\^ le sacré caractère.
Quel que soit ce vieillard , il est homme et toïi frère.
^ AKÉBAR.
Lui!
Xlvar.
Ne Fimmo^ pas dans ce séjour de paix , Que les plus yils troupeaux n'ensanglantent jamais. Voudrais-tu te vQnger ? non , j'en creis ta grande âme. Contre lui par ta voix c'est l'état qui réclame. Pontif , à ta rigueur je suis loin d'insulter : La loi fût-elle injuste , il la faut respecter \ ^ Mais ^oiige à ses yienx ans , épargne sa démence \ Ton droit le plus divin n'estai pas la clémence ?
~. .; , ACTE IV, SCÈNE V. i3q
NÉALâ y tunidemeat.
Grâce !
IDAMORE
Pardonnez4ui.
AILEBAR, ÎDdigni.
^ Vous aussi , mes enfans !
Non, frappez^ je l'ordonne.
• IDAMORE
Et je TOUS le de'fends.
AKÉBAR. •
Qu'il meure ! »
IDAAfORE, «'élançant deTant Zarèa. '
H Immolez donc le ûls avec le père.
A&ÉBAR.
Qu'as-tu dit? ' i
IDilHORE.' Oui , le sang que poursuit ta colère ,
i4o UE PARIA. ,
CTest le mien , c'est celui qae pour toi j*ai rersé . Qu'oD Vépaiffae à sa source , où les ans Font glacé. Le mien toqs saura tons , que ta main le r<^nde ^ 11 est pour tes autels une plus digne offrande.
If ÉALA , à M* cospapia.
. Soutenez-moi!
ZÀKÈS. • ^
J*ai seul mérité le trépas.
IDAMORE
Ah! mon père!
ZABÈS.
Guerrier, je ne te connais pas.
IÇAHORE.
C'e^t mon père'! c'est lui! croyez-en ses alarmes; La pâleur de son front , fies jreux noyés de larmes , Ses bras que, malgré lui , je force à se rouvrir... Il m'embrasse , frappez, c'e^t à moi de mounr !
. *>. V**, u ^À€TE IV, SCÈNE V. .14? " '
• " ' • . f AKÉBAK, aux prêtresse».
• Dérobez à leurs yei!k£cette jeune victime.
. ( Od reomfne ).
Elle n^a pas nourri d'ardeur illégitime.
Ma fille est innocente ; oui, 'peuple, elle ignorait
Quel effroyable hymen mon erreur consacrait.-
Mais toi, d'un noir courroux tout mon cœur se soulève : •. \ ^ ,
Tu n'es donc... se peut-il ?... ah î misérable! . •
lOAMOKE.
AchéTc.
, Oui , je suis paria, je le suis j mais l'état
Ne dut sa liberté qu'à mon noble attentat.
Je descendis des monts j vos tribus dispersées «
A l'approche du joug s'étaient déjà baissées. Je l'écartai moi seul , qui seul restai debout: La mort entre elle et toi m'a rencontré partout , v^.
« Peuple : Join des .cit» , ' «les enikns et des femmes ,
Je détournais le fer, je repoussais les flammes^
i4a LE PARIA. • % '
' Mon front , pl^is que vous tous des chrétiens redolite, Leur renvoyait l'effroi qu'ils avaient, ^pportç , Quand ces brames si fiers, que je courais défendre, Cachés au fond du temple et courbés Wus Ik cendre , * " Implorant un appui qu'ils nuisaient vous offrir , Priaient , tremblaient pour vous et vous laissaient périr!
AKÉBAR..
Tu l'entends*, et la foudfe à tes pieds assoupie Ne se réveille pas pour dévorer l'impie , Brama ^ c'est donc à nous de venger tes affronts ; ' Ton silence est un ordre , et nous obéirons.... Défenseurs de l'état , loin de moi la pensée D'immoler votue*chef k ma gloire offensée.
Trop pesant pour moi seul , ce droit de le juger M'in^pose un soin cruel qife je veux partager. De vos sages vieillards que le conseil prononce, £t puisse à l'indulgence incliner l«ur réponse. Décidons aujourd'hui si d'éclatans exploifs
I •• ■'■ AtTEIV.'sCÈNE V. 143
i • Placent un révolté hors du pouvoir des lois ,
9 \ Oukd^ivent sur sa tête app^lgi* un supplice
Honteux et solennel, fameux par sa justice ,
TerAble , tel enfin qu'il puiâ^e épouvanter
. , Quiconque a vu la faute ervoudrait Timiter. «
; - ALVAII9 auxgjlcrriers.
Vous, dont je l'ai connu Tamour et le modèle, N'a-t-il plu» dans vos rksgs un compagnon fidèle ?
I ZARÈS
Serez-vous de^nos maux d'insensibles témoins ?...
Qpoil vous rejyiez muets?
*• IDAMORE
'^ Je n'attendais pas moins.
' / ' Mais tout ingrats qu'ils sont, tourmentés par ma 'gloire,
. Ils en ^udraieçt en i^ain secouer la mémoire ^
Elle pèse sur eux. ( A Zarès. ) Ils vous respecteront ,
\* Et pour les cot^tenir mesj^regards suffiront.
Leur crainte surrÎTra : pour leur amour , qu*importe ; tl est juste qu'il meure oùuma puissance est morte- Sortons.
>LVA&.
Alvar du moins neroas trahira pas.