SCENE m
Dans la chambre à coucher de Stella.
GIBBONE
J'ai trouvé, en effet, Altesse, j'ai trouvé; et je penie <iue mon idée vous amusera.
Va, je t'écoute.
GIBBOXE
Que diriez-vous d'un prince Charmant, beau comme le jour, fils d'une fée, qui vous adorerait, que vous adoreriez vous-même, qui serait enfin le rêve de vos rêves ?
STELLA
Jen dirais ce que tu viens d'en dire, précisément : que c est un rêve.
GIBBOXE
Et s'il existait en réalité ?
STELLA
Mais il n'existe point.
GIBBOXE
Et s'il vous donnait la preuve palpable de son existence ?
STELLA
Mais comment me la donnerait-il ?
GIBBOXE
Vous verrez.
STELLA
Comment 1 Je verrai ?
GIBBOXE
Oui, Altesse. Buvez seulement une gorgée de ce breuvage.
STELLA
Quelle est cette plaisanterie?
GIBBO.NE
Âuriez-vous peur ?
STELLA
Peur de quoi? De qui? De toi, mon brave fou, mon cher Gibbone? Non, je n'ai pas peur. Donne, que je boive!... Mais, pourquoi éteins-tu la lumière?
C'est nécessaire à mon histoire. Laissez-moi faire. Buvez !
STELLA
Voilà. J'ai bu. Et ensuite?... Gibbone, Gibbone, où es-tu ? D'où vient que tu ne me réponds pas ? Seule! Je suis seule dans les ténèbres. Que signifie? Gibbone, voyons, parle-moi. Ta plaisanterie ne m'amuse pas du tout. Où es- tu?
(La lumière brille de nouveau.) a 1 B l; 0 N E
Gibbone est parti en m'ouvrant la porte, ô ma chère Stella. Je suis le Prince Charmant qu'il t'avait annoncé. Je suis le rêve de tes rêves. Reconnais-moi. Je t'aime.
Oui, oui, je te reconnais. 0 joie ! Et je t'aime aussi. Comme je t'aime ! Ne l'en va pas. Ne t'évanouis pas ainsi qu'un rêve. Tu n'es pas un rêve, dis ! C'est toi, c'est bien toi, vivant, réel. 0 mon adoré !
GIBLOXE
0 ma maîtresse !
STELLA
Ta maîtresse, c'est cela, ta maîtresse! Viens, viens I Je veux être à toi.
(Ils s'enlarent.)