‹ Théâtre chimérique; vingt-sept actes de pantomimeChapitre 44 sur 122 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

Dans la chambre à coucher de Stella.

GIBBONE

J'ai trouvé, en effet, Altesse, j'ai trouvé; et je penie <iue mon idée vous amusera.

Va, je t'écoute.

GIBBOXE

Que diriez-vous d'un prince Charmant, beau comme le jour, fils d'une fée, qui vous adorerait, que vous adoreriez vous-même, qui serait enfin le rêve de vos rêves ?

STELLA

Jen dirais ce que tu viens d'en dire, précisément : que c est un rêve.

GIBBOXE

Et s'il existait en réalité ?

STELLA

Mais il n'existe point.

GIBBOXE

Et s'il vous donnait la preuve palpable de son existence ?

STELLA

Mais comment me la donnerait-il ?

GIBBOXE

Vous verrez.

STELLA

Comment 1 Je verrai ?

GIBBOXE

Oui, Altesse. Buvez seulement une gorgée de ce breuvage.

STELLA

Quelle est cette plaisanterie?

GIBBO.NE

Âuriez-vous peur ?

STELLA

Peur de quoi? De qui? De toi, mon brave fou, mon cher Gibbone? Non, je n'ai pas peur. Donne, que je boive!... Mais, pourquoi éteins-tu la lumière?

C'est nécessaire à mon histoire. Laissez-moi faire. Buvez !

STELLA

Voilà. J'ai bu. Et ensuite?... Gibbone, Gibbone, où es-tu ? D'où vient que tu ne me réponds pas ? Seule! Je suis seule dans les ténèbres. Que signifie? Gibbone, voyons, parle-moi. Ta plaisanterie ne m'amuse pas du tout. Où es- tu?

(La lumière brille de nouveau.) a 1 B l; 0 N E

Gibbone est parti en m'ouvrant la porte, ô ma chère Stella. Je suis le Prince Charmant qu'il t'avait annoncé. Je suis le rêve de tes rêves. Reconnais-moi. Je t'aime.

Oui, oui, je te reconnais. 0 joie ! Et je t'aime aussi. Comme je t'aime ! Ne l'en va pas. Ne t'évanouis pas ainsi qu'un rêve. Tu n'es pas un rêve, dis ! C'est toi, c'est bien toi, vivant, réel. 0 mon adoré !

GIBLOXE

0 ma maîtresse !

STELLA

Ta maîtresse, c'est cela, ta maîtresse! Viens, viens I Je veux être à toi.

(Ils s'enlarent.)

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