‹ Théâtre choisi; avec une étudeChapitre 15 sur 185 · R O T R O U XXXI · texte numérisé non relu

R O T R O U XXXI

flèche ; mais c'est une flèche d'Apollon, qui porte toujours. La différence s'accuse dès le prologue. Chacun des deux poètes a inventé le sien, mais quel contraste entre le long et ennuyeux monologue de Junon qui commence LES Deux Sosies, et le monologue aristophanesque de Mercure et de la Nuit par lequel s'ouvre si poétiquement et si gaiement /'Amphitryon !

Les Deux Pucelles sont données comme une imitation de Cervantes ' . De ces deux pucelles, l'une avait cessé de l'être avant le commencement de la pièce ; l'autre l'est encore, mais bien malgré elle. Par quelle série d'aventures la première arrive à épouser l'homme qui avait déjà ravi ses faveurs, et la seconde trouve un mari sur lequel elle ne comptait pas, après avoir couru les champs, les bois, et être tombée tour à tour dans les mains des brigands et dans celles des archers, nous ne le raconterons pas. La poésie du style, jointe à la singularité des situations, fait le mérite de cette pièce qui est, comme la précédente, de la même année que le Cid (i636). Dans Laure persécutée (1639), on entend comme un écho anticipé des grcmdes scènes de Yenceslas. L'action s\ngage avec une noble simplicité j l'intérêt naît dès le début et se poursuit jusqu'à la fin en dépit d'un peu de froideur et de faiblesse dans certaines parties. L'intrigue peut paraître trop romanesque, mais elle donne lieu à des situations originales et à des développements poé-

i . Cervantes était fort à la mode et fort exploité par les auteurs dramatiques pendant toute la première moitié du XVIie siècle.

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