ACTE IV, SCENE IV. aai
Qui les fait si souvent, au péril du trépas,
Suivre la vanité de ses trompeurs appas.
Ce qu'un siècle y produit, un moment le consomme;
Porte les yeux plus haut, Adrian, parois homme;
Combats, souffre, et t'acquiers, en mourant en chrestien,
Par un moment de mal, l'éternité d'un bien.
Adrian.
Adieu, je cours^ je vole au bon-heur qui m'arrive; L'effet en est trop lent, l'heure en est trop tardive; L'ennuy seul gue^l'emporte, ô généreuse sœur, Et qui de mon attente altère la douceur, Est que la loy, contraire au Dieu que je professe, Te prive par ma mort du bien que je te laisse, Et l'acquérant au fisc, oste à ton noble sang, Le soutien de sa gloire et l'appuy de son rang.
Natalie.
Quoy! le vol que tu prends vers les célestes plaines Souffre encor tes regards sur les choses humaines? Si dépouillé du monde et si prest d'en partir, Tu peux parler en homme, et non pas en martyr? Qu'un si foible interest ne te soit point sensible; Tiens au Ciel, tiens à Dieu, d'une force invincible; Conserve-moy ta gloire, et je me puis vanter D'un trésor précieux que rien ne peut m'oster. Une femme possède une richesse extrême.
Qui possède un espoux possesseur de Dieu même ; Toy, qui de ta doctrine assiste les chrestiens. Approche, cher Anthyme, etjoins tes vœux aux miens