‹ Théâtre choisi; avec une étudeChapitre 166 sur 185 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

ANTHISME, ADRIAN, NATALIE.

Anthisme.

Un bruit qui par la ville a frappé mon oreille, De ta conversion m'apprennant la merveille Et le noble mépris que tu faits de tes jours, M'amène à ton combat, plûtost qu'à ton secours. Je sçay combien César t'est un foible adversaire, Je sçay ce qu'un chrestien sçait et souffrir et faire, Et je sçay que jamais, pour la peur du trépas, Un cœur touché de Christ n'a rebroussé ses pas. Va donc, heureux amy, va présenter ta teste, Moinsau coupqui t'attend qu'au laurier qu'on t'apreste ; Va de tes saincts propos éclorre les effets , De tous les choeurs des Cieux va remplir les souhaits; Et vous, hostes du Ciel, sainctes légions d'anges, Qui du nom trois fois sainct célébrez les louanges , Sans interruption de vos sacrez concerts , A son aveuglement tenez les cieux ouverts.

Adrian.

Mes vœux arriveront à leur comble suprême Si, lavant mes péchez de l'eau du sainct baptesme. Tu m'enroljes au rang de tant d'heureux soldats Qui sous mesme estendart ont rendu des combats. Confirme, cher Anthisme, avec cette eau sacrée. Par qui presque en tous lieux la croix est arborée, En ce fragile sein le projet glorieux

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