SCÈNE XII
Les précédents ', /'idolâtrie, la vanité, balthasar est totijours endormi.
L'IDOLATRIE
Balthasar de Babylone, qui, dans les douceurs du sommeil, sépulcre de toi-même, meurs vivant, et vis quoique mort...
LA VANITÉ
Balthasar de Babylone, qui, sur ce tombeau de gazon, parais le squelette animé du printemps...
balthasar.
Qui m'appelle ? (il rêve.) Mais si j'en crois les fantômes qui m' apparaissent, Vanité, je te vois, Idolâtrie, je te regarde.
l'idolâtrie.
C'est moi, l'Idolâtrie, divinité sacrée, qui descends du soleil ; je viens du palais suprême pour te dédier cette statue, afin que ton image reçoive aujourd'hui les adorations de la terre.
CALDERÓN T. II. Q
LA VANITE
C'est moi, la Vanité humaine, qui, engendrée dans les enfers, suis née parmi les hommes, et qui habite la sphère céleste ; je viens, pour placer ta statue, te dédier ce temple, que j'ai construit de plumes dans les airs.
BALTHASAR
Quels triomphes superbes ! quels applaudissements flatteurs ! Offre-moi, Idolâtrie, des autels, de l'encens, qu'on adore mes statues, comme des idoles souveraines. Toi, Vanité, monte, monte à l'Empire, prends la couronne ; que l'une se distingue, en prenant son essor ; l'autre, en descendant vers la terre.
{La statue descend et la tour monte; les deux divinités chantent.)
l'idolâtrie.
Descends, statue, descends ; va au devant des adorations.
LA VANITÉ
Monte, et sois éternel, temple de la vanité.
l'idolâtrie.
Hâte-toi, descends.
LA VAKITÉ.
Prends ton vol, monte.