‹ Théâtre choisi de Calderon;Chapitre 16 sur 165 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Les précédents, RICHARD, CÉLIO.

RICHARD

Ou l'as-tu laissé ?

(i) On supprime ici quelques vers peu décents.

CÉLIO

GIL

C'est un voleur, ne l'attends pas.

RICHARD

Eusèbe, que voulez- vous ?

Il l'a appelé Eusèbe ?

MENGA.

Oui.

EUSÈBE

Oui, je suis Eusèbe. Qu'avez-vous contre moi ? Personne ne répond ?

MENGA.

Gil, as-tu un bâton et une fronde ?

GIL

J'ai le diable qui puisse t'emporter.

CÉLIO

Dans les plaines paisibles que forme le penchant de la montagne, et que la mer borde par derrière, j'ai vu une troupe de paysans, qui vient en armes contre vous. Je pense qu'elle n'est pas loin. C'est ainsi que Curcio exécute sa vengeance. Voyez ce que vous comptez faire ; rassemblez votre monde et partons.

EUSÈBE

Il vaut mieux fuir maintenant, car cette nuit il y a de l'occupation. Vous deux, venez avec moi ; je vous confie, et j'ai raison, ma réputation et mon honneur.

RICHARD

Vous le pouvez bien ; car, pour Dieu, je me ferais tuer à vos côtés.

Paysans, je vous laisse la vie, seulement pour que vous portiez un message à mon ennemi. Dites à Curcio, que moi, avec tant de compagnons intrépides, je ne fais que défendre ma vie, mais que je ne le poursuis pas ; qu'il n'a pas de motif pour me poursuivre de la sorte. Car je n'ai pas donné la mort à Lisard avec guet-apens ou trahison ; je l'ai tué dans un combat corps à corps, sans avoir sur lui aucun avantage que je sache. Avant qu'il n'expirât, je Tai porté dans mes bras à un endroit où il a pu se confesser ; cette action mérite de la reconnaissance. Mais s'il veut se venger, j'ai de quoi me défendre. faux brigands.) Et maintenant, pour que ces paysans ne voient pas par où nous allons, attachez-les entre ces arbres, bandez-leur les yeux, pour qu'ils ne puissent rien observer.

RICHARD

Il y a ici une corde.

CÉLIO

Allons, dépêche-toi de venir.

GIL

Ils m'ont mis en saint Sébastien.

MENGA.

Et moi en sainte Sébastienne ; mais attachez-moi tant que vous voudrez, seigneur, pourvu que vous ne me tuiez pas.

GIL

Ah, seigneur, ne m'attachez pas ! que je sois un coquin, si je m'enfuis. Jure aussi, Menga, fais le même serment.

CÉLIO

Les voici attachés.

EUSÈBE

Mon projet va bien ; la nuit menace d'être sombre en étendant son voile ténébreux. Julie, quand le ciel te protégerait, je vais conquérir ta beauté. (Les brigands s'en vont, laissant gil et menga attachés.)

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