‹ Théâtre choisi de Calderon;Chapitre 40 sur 165 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

CURCIO, BRAS, puis OCTAVE.

BRAS

Vos plaintes sont maintenant inutiles. Quand la fortune inconstante a-t-elle mis votre courage à une telle épreuve ?

CURCIO.

En aucune circonstance, sa rigueur n'est arrivée à ce point! Que mes douleurs embrasent cette focêt avec mes larmes, puisque les larmes qui coulent de mes yeux sont du feu ! O triste étoile ! ô sort rigoureux ! ô douleur insupportable !

OCTAVE

Aujourd'hui, Curcio, la fortune entasse les maux sur tous, autant qu'un infortuné peut en supporter. Le ciel est témoin combien je regrette de vous dire... CURCIO.

Qu'y a-t-il ?

OCTAVE

Julie n'est plus dans son couvent.

CURCIO.

La pensée même, dis-moi, pourrait-elle par la réflexion inventer une peine aussi cruelle ? Ah ! mon malheur est affreux, plus affreux encore en réalité qu'on ne peut l'imaginer. Ce cadavre glacé, ce cadavre que tu vois, Octave, est celui de mon fils. Vois si, dans une affliction si grande, une seule de ces douleurs ne suffit pas à faire désirer la mort. Ciel, donnez-moi la patience, ou enlevez-moi une vie accablée par de si cruelles angoisses.

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